Ebola en Rdc et en Ouganda : la Cemac passe à l’offensive pour protéger l’Afrique centrale
Afrique centrale/Santé
La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) a ouvert, le 6 juillet à Brazzaville, une réunion d’urgence de coordination consacrée au renforcement de la surveillance sanitaire aux points d’entrée des États membres.
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Cette rencontre de trois jours vise à prévenir toute propagation de la maladie à virus Ebola (Mve), dont une résurgence est enregistrée en République démocratique du Congo (Rdc) et en Ouganda.
Réunissant les ministres de la Santé du Congo et de la République centrafricaine, des représentants de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms), d’Africa Cdc, des experts de la Rdc ainsi que des spécialistes des six pays de la Cemac, les travaux s’inscrivent dans la mise en œuvre de la feuille de route régionale adoptée le 9 juin dernier pour faire face à cette menace sanitaire.


Ouvrant les travaux, le ministre congolais de la santé et de la population, le Pr Jean-Rosaire Ibara Pour le ministre congolais de la Santé et de la Population, la résurgence d’Ebola dans deux pays voisins constitue un signal d’alerte majeur pour l’ensemble de l’Afrique centrale. Il a rappelé que le Congo, qui partage une longue frontière avec la RDC, demeure particulièrement exposé aux risques de transmission en raison des échanges quotidiens entre les populations des deux rives du fleuve Congo.
Fort des enseignements tirés des précédentes flambées d’Ebola, de la pandémie de Covid-19, de la variole du singe et du choléra, le gouvernement congolais entend privilégier l’anticipation plutôt que la réaction. Le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer les dispositifs de surveillance aux frontières terrestres, dans les aéroports et les ports, tout en améliorant la coordination entre les centres d’opérations d’urgence, les laboratoires et les services de santé.


Pour le commissaire de la Cemac chargé du département de l’Éducation, de la recherche et du développement social, des droits de l’homme et de la bonne gouvernance, Fulgence Likassi-Bokamba, a rappelé que la propagation de l’épidémie au-delà du continent africain renforce la nécessité d’une réponse concertée des États de la sous-région. Selon lui, les maladies infectieuses ne connaissent pas de frontières et imposent une vigilance permanente dans un espace caractérisé par la libre circulation des personnes et des biens.
Il a souligné que cette première réunion technique marque le lancement effectif de la feuille de route régionale, dotée d’une enveloppe budgétaire de plus d’un milliard de francs Cfa par le Conseil des ministres de la Cemac. Celle-ci repose sur cinq axes prioritaires : la coordination régionale, l’harmonisation des protocoles sanitaires, le renforcement des capacités des États, la mise en place d’un système d’alerte précoce et la mobilisation de financements durables.
Au cours des trois jours de travaux, les experts procéderont à une évaluation de la situation épidémiologique dans les pays de la Cemac, partageront l’expérience de la RDC en matière de riposte contre Ebola, analyseront les capacités des points d’entrée transfrontaliers et identifieront les actions prioritaires permettant de renforcer les mécanismes de prévention.


Interrogé à l’issue de la cérémonie d’ouverture, Likassi-Bokamba, a expliqué que cette rencontre constitue la suite logique des réunions des experts et des ministres de la Santé tenues les 8 et 9 juin derniers. Il a précisé qu’au-delà des échanges techniques, les participants devront dresser un état précis des besoins de chaque pays afin de mettre en œuvre des mesures concrètes et harmonisées.
Selon lui, l’objectif est de garantir que l’ensemble des États membres disposent des mêmes stratégies de surveillance, de prévention et de riposte, dans un contexte où la porosité des frontières et la libre circulation au sein de la Cemac augmentent les risques de propagation du virus.
Les responsables sanitaires ont également insisté sur l’importance du partage d’expériences avec la République démocratique du Congo, pays directement confronté à la gestion de l’épidémie, ainsi que sur l’appui des partenaires internationaux, notamment l’Oms et Africa Cdc, déjà fortement mobilisés sur le terrain.
À travers cette réunion, la Cemac entend renforcer la solidarité régionale afin d’empêcher l’introduction du virus Ebola dans les pays de la sous-région et de consolider un dispositif commun de sécurité sanitaire capable de répondre efficacement aux urgences épidémiques.
Crédit photos : La Brève Online

