Mounianga plaide pour une transformation des ONG par l’économie sociale et solidaire
Société civile
Les Assises nationales consacrées à la validation du Plan stratégique 2026-2031 du Conseil consultatif de la société civile et des Ong ont été marquées par un plaidoyer en faveur d’une profonde mutation des organisations de la société civile (Osc).
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Invité à animer une master class, l’ingénieur en sciences de gestion et coordonnateur pays de l’Union africaine des ONG de développement (UA-ONGD), Simplice Mounianga, a appelé les acteurs associatifs à adopter le modèle de l’économie sociale et solidaire (Ess) pour renforcer leur autonomie financière et leur impact sur le développement.
Durant deux jours, les représentants des organisations de la société civile, des institutions publiques, des partenaires techniques et financiers ainsi que plusieurs experts se sont réunis à Brazzaville afin de définir les orientations qui guideront l’action du Conseil consultatif de la société civile et des Ong pour les cinq prochaines années.
Parmi les temps forts de ces assises, une master class de Simplice Mounianga a retenu l’attention des participants. Son intervention s’est articulée autour d’un constat : le modèle traditionnel de fonctionnement des organisations de la société civile, largement dépendant des financements extérieurs, montre aujourd’hui ses limites face à la diminution progressive des subventions internationales.
Selon lui, les organisations doivent désormais développer des activités génératrices de revenus afin d’assurer leur pérennité tout en préservant leur mission sociale.
« L’Économie sociale et solidaire n’est pas une économie de la pitié. C’est un véritable modèle de gestion capable de créer de la valeur économique tout en répondant efficacement aux besoins sociaux des populations », a-t-il déclaré.
S’appuyant sur les principes de gouvernance, de performance organisationnelle et de gestion des risques, l’expert a présenté les fondements de l’économie sociale et solidaire comme une réponse adaptée aux nouveaux défis auxquels sont confrontées les associations et les ONG congolaises.

Au cours de cette séance, les participants ont été sensibilisés aux principaux leviers de développement de l’ESS, notamment la gouvernance démocratique, les mécanismes d’autofinancement, la gestion des risques et de la conformité, ainsi que les méthodes d’évaluation de la performance sociale et économique.
Des exemples concrets inspirés des réalités congolaises, dans les domaines de l’agriculture, de la santé communautaire, du recyclage des déchets et de l’économie circulaire, ont illustré les opportunités qu’offre ce modèle pour renforcer la résilience des organisations.
À l’issue de son exposé, Mounianga a formulé trois recommandations majeures destinées à alimenter le futur Plan stratégique 2026-2031. Il a préconisé l’adoption d’un cadre juridique spécifique à l’économie sociale et solidaire, la professionnalisation des organisations de la société civile à travers des programmes de formation et d’incubation, ainsi que la promotion des initiatives locales créatrices d’emplois et de revenus.
Pour l’intervenant, cette orientation est en parfaite cohérence avec les ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui encourage le développement d’une économie inclusive, durable et génératrice d’emplois sur le continent.
Au-delà des aspects techniques, ce master class a surtout porté un message d’avenir : celui d’une société civile capable de renforcer son autonomie financière, d’améliorer sa crédibilité auprès des partenaires au développement et de jouer un rôle plus important dans la transformation économique et sociale du Congo. Les échanges nourris qui ont suivi la présentation témoignent de l’intérêt suscité par cette approche innovante, appelée à occuper une place grandissante dans les réflexions stratégiques des organisations de la société civile au cours des prochaines années.
Crédit photos : Cellule de communication de l’U.A des ONG

