Violences xénophobes en Afrique du Sud, le Congo accompagne le retour de ses ressortissants
Le gouvernement congolais a lancé une opération de rapatriement volontaire de ses ressortissants établis en Afrique du Sud, confrontés à une recrudescence d’actes de xénophobie. Une première vague de 65 Congolais est arrivée à Brazzaville le 5 juillet à bord d’un vol spécial de la compagnie Ecair, affrété par l’État.
Lire aussi : https://labreveonline.com/mounianga-plaide-pour-une-transformation-des-ong-par-leconomie-sociale-et-solidaire/
À leur descente de l’avion à l’aéroport international Maya-Maya, les rapatriés ont été accueillis par le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, entouré de plusieurs membres du gouvernement, notamment les ministres des Transports et de l’Aviation civile, Josué-Rodrigue Ngonimba, de la Coopération internationale, Denis Christel Sassou-N’Guesso, ainsi que de la ministre des Affaires sociales, Lydie Pongault. Le coordonnateur résident du système des Nations Unies au Congo, Abdourahamane Diallo, a également pris part à l’accueil.
Au-delà du retour au pays, l’exécutif entend accompagner ces compatriotes dans leur reconstruction personnelle et professionnelle. Le Premier ministre a assuré que des mesures d’assistance, notamment psychosociales, seront mises en œuvre afin de faciliter leur réinsertion.
« Le gouvernement s’engage à vous apporter un accompagnement psychosocial. Nous savons que vous avez laissé derrière vous des projets de vie, des investissements et de nombreux sacrifices. Nous réfléchirons avec vous aux voies et moyens de votre réinsertion », a déclaré Anatole Collinet Makosso.
Pour nombre de rapatriés, ce retour marque une rupture brutale après plusieurs années passées en Afrique du Sud. Jean-Bruno Mankou, installé depuis vingt-deux ans à Johannesburg où il avait fondé une famille avec son épouse sud-africaine, raconte avoir été contraint de quitter un environnement devenu hostile.

Selon lui, les violences trouvent leur origine dans un climat de jalousie et de rejet des travailleurs étrangers. « Ils sont prêts à tuer et à commettre beaucoup d’autres actes dégradants. Même les enfants ne sont pas épargnés. La vie était devenue très difficile », a-t-il témoigné.
De retour au Congo, son inquiétude porte désormais sur l’avenir. Sans véritable point de chute à Brazzaville et avec une famille aux moyens limités à Pointe-Noire, il redoute les difficultés liées à sa réinstallation.
« Je ne sais même pas où dormir. Je suis comme quelqu’un qui s’est perdu dans la brousse. J’espère que le gouvernement pourra nous aider à retrouver un emploi ou à bénéficier d’un appui pour recommencer une nouvelle vie », a-t-il confié.
En attendant leur réinstallation au sein de leurs familles, les 65 rapatriés sont provisoirement hébergés dans un hôtel de la capitale. Une deuxième vague de rapatriement est prévue le 6 juillet, dans le cadre de cette opération destinée à permettre aux Congolais qui le souhaitent de quitter un contexte marqué par les violences xénophobes.

