Santé publique : la CEMAC met en place une réponse concertée face au risque d’Ebola
Afrique/centrale
Les ministres de la santé des pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) se sont réunis les 8 et 9 juin à Brazzaville dans le cadre d’une concertation régionale d’urgence consacrée à l’évaluation de la menace de la maladie à virus Ebola et à l’adoption de mesures coordonnées de prévention, de surveillance et de réponse.
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Ouvrant les travaux, le ministre congolais de la Santé et de la population, le Pr Jean-Rosaire Ibara, a souligné la nécessité d’une mobilisation collective face à une maladie qui demeure l’une des plus redoutables pour les systèmes de santé africains. Il a rappelé que la forte contagiosité du virus, son taux élevé de létalité ainsi que ses conséquences sanitaires, sociales et économiques imposent aux États une vigilance permanente et une coopération renforcée.
« Aucun pays ne peut agir efficacement de manière isolée. Les mouvements transfrontaliers des populations, les échanges commerciaux et la proximité géographique de nos États exigent une réponse régionale harmonisée », a-t-il déclaré.
Cette réunion, organisée à l’initiative du président de la Commission de la Cemac, visait notamment à évaluer le niveau de risque épidémiologique dans l’espace communautaire, à adopter une feuille de route des actions prioritaires de préparation et de réponse à Ebola, ainsi qu’à définir un cadre stratégique de mobilisation des financements d’urgence.

Les participants ont également convenu d’opérationnaliser davantage l’approche « Une seule santé » (One Health), qui repose sur une collaboration étroite entre les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale pour prévenir et gérer les épidémies.
Renforcer la vigilance aux frontières
Au cours des échanges, les États membres ont été invités à poursuivre les efforts déjà engagés pour améliorer la surveillance épidémiologique, renforcer les capacités de diagnostic, former le personnel de santé et sensibiliser les populations aux mesures de prévention.
Parmi les priorités retenues figurent le renforcement du contrôle aux frontières terrestres, aériennes et fluviales, l’amélioration des systèmes d’alerte précoce, la disponibilité des équipements de protection individuelle, le développement des capacités nationales de prise en charge des cas ainsi que le partage rapide des informations sanitaires entre les pays membres.

À l’issue de la rencontre, les ministres ont adopté une série de recommandations destinées à harmoniser les protocoles de surveillance et de gestion des cas dans l’ensemble de la sous-région.
Une menace aux portes de la sous-région
Intervenant à la fin des travaux, le commissaire de la CEMAC chargé de l’Éducation, de la Recherche, du Développement social, des Droits de l’homme et de la Bonne gouvernance, Fulgence Likassi-Bokamba, a précisé que l’épidémie n’est pas encore présente dans l’espace communautaire mais demeure une menace réelle en raison de sa proximité avec certains pays frontaliers.
Selon lui, les recommandations formulées permettront à chaque État de renforcer son dispositif de prévention tout en garantissant une meilleure coordination régionale.
« Les ministres se sont accordés sur l’harmonisation des protocoles et des actions. L’objectif est de protéger les populations tout en préservant la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace communautaire », a-t-il indiqué.

Le président de la commission de la Cemac, Baltasar Engonga Edjo’o a également insisté sur la nécessité de renforcer la surveillance sanitaire aux points d’entrée, notamment dans les aéroports et aux postes-frontières, où des mesures telles que la prise de température, la désinfection des mains et la traçabilité des voyageurs sont déjà appliquées.
Mobilisation financière attendue
La question du financement de la préparation et de la réponse aux épidémies a également été abordée. Les États membres ont été exhortés à prévoir dans leurs budgets nationaux des ressources spécifiques destinées à faire face aux urgences sanitaires.
Les participants ont exprimé leur gratitude aux autorités congolaises pour l’accueil réservé à cette rencontre ainsi qu’à la Commission de la Cemac pour l’organisation des travaux, qui se sont déroulés dans un climat de fraternité et de coopération.


Cette concertation régionale marque une nouvelle étape dans la stratégie de prévention adoptée par la Cemac pour faire face aux risques sanitaires transfrontaliers et protéger durablement les populations de l’Afrique centrale contre la menace du virus Ebola.
Crédit photos : La Brève Online

