Les élèves d’Eduschool sensibilisés à la lutte contre la désinformation
L’Initiative Stop Désinfo (ISD), en partenariat avec Journalisme Éthique Congo (JEC) et Fact Check Congo, a organisé, le 6 juin à Brazzaville, une rencontre citoyenne sous forme d’exposition de tableaux photographiques. Cette activité visait à sensibiliser 90 élèves du complexe scolaire Eduschool aux dangers de la désinformation, à la prolifération des fausses informations ainsi qu’à leur diffusion sur les réseaux sociaux et dans les espaces publics.
Cette rencontre avait pour objectif de développer l’esprit critique des élèves en leur donnant les capacités de reconnaître une information fiable de manière ludique et adaptée à leur âge. Elle visait également à impliquer l’ensemble de la communauté éducative, y compris les parents, dans la lutte contre la désinformation.
L’initiative entendait aussi sensibiliser les élèves aux risques liés à la circulation des fausses informations et leur inculquer le réflexe de vérifier toute information avant de la partager. À travers cette démarche, l’école est appelée à devenir un espace de promotion de l’esprit critique tout en renforçant la visibilité de Fact Check Congo et de ses partenaires.

À travers des animations pédagogiques sur les fake news, des jeux éducatifs, des exercices interactifs ainsi que des séances de questions-réponses, les organisateurs ont expliqué aux enfants, de manière accessible, ce que sont les fausses informations. Ils leur ont appris à vérifier les contenus avant leur diffusion, à développer leur esprit critique et à sensibiliser leur entourage, en utilisant l’art et la participation citoyenne comme outils pédagogiques.
À cette occasion, la chargée de projet de l’ISD, Mme Laura Tchicaya, a indiqué que son organisation et ses partenaires mènent depuis plusieurs années des actions de sensibilisation auprès des jeunes afin de les prémunir contre la désinformation qui circule sur les réseaux sociaux.
Selon elle, les jeunes constituent un public particulièrement exposé à la prolifération des fausses informations et ne disposent pas toujours des outils nécessaires pour distinguer le vrai du faux.

« Il est crucial de commencer cette sensibilisation dès le plus jeune âge afin d’inculquer aux enfants les valeurs et les réflexes liés à l’esprit critique face à toute information. Si les jeunes sont sensibilisés aux méfaits de la désinformation, ils deviendront à leur tour des relais et des ambassadeurs de la vérification de l’information avant sa diffusion », a-t-elle déclaré.
Pour sa part, le journaliste et formateur Chris Atongui a sensibilisé les élèves à travers les différents tableaux exposés portant sur les caractéristiques et les manifestations du désordre informationnel, notamment la désinformation, la malinformation et la mésinformation.

Abordant la notion de désinformation, il a expliqué qu’il s’agit d’un ensemble de pratiques et de techniques de communication visant à influencer l’opinion publique par la diffusion volontaire d’informations fausses ou biaisées.
Concernant la malinformation, il a précisé qu’elle correspond à la diffusion d’informations exactes mais présentées de manière trompeuse ou sorties de leur contexte dans le but de nuire, de manipuler ou d’induire le public en erreur.
Quant à la mésinformation, elle désigne, selon lui, la diffusion involontaire d’informations fausses ou inexactes, résultant généralement d’une mauvaise compréhension, d’une erreur de transmission ou d’un manque de vérification des faits.
Les élèves ont également acquis des connaissances de base sur les différents canaux de diffusion de l’information, notamment la radio, la télévision, la presse écrite et les réseaux sociaux.
Cette rencontre citoyenne et cette exposition leur ont par ailleurs permis d’être initiés à l’Éducation aux médias et à l’information (EMI), afin de mieux comprendre les mécanismes du désordre informationnel et de contribuer à sa lutte en République du Congo.
À ce sujet, Chris Atongui a souligné que l’EMI permet de lutter contre la prolifération des fake news, des infox, des théories du complot et des manipulations à l’ère des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), marquée par l’essor des réseaux sociaux et des plateformes numériques.
Selon lui, l’EMI fournit des outils essentiels pour identifier les fausses informations, encourager la pensée critique face aux messages reçus, promouvoir l’intégrité journalistique et l’éthique numérique, tout en formant des citoyens et des producteurs de contenus responsables.
Il a rappelé que l’Initiative Stop Désinfo, en collaboration avec Journalisme Éthique Congo et Fact Check Congo, avait déjà organisé plusieurs sessions de formation à l’intention des journalistes, notamment du 18 au 24 novembre 2025 à Brazzaville et du 3 au 7 février 2026 à Pointe-Noire.
Les trois organisations ont également mené des actions de sensibilisation auprès des élèves, notamment en faveur de 89 élèves de terminale du complexe scolaire « Les Élites de Mam’s », le 24 février 2026 à Djiri-Manianga, au nord de Brazzaville, ainsi qu’auprès des élèves handicapés de l’Institut des jeunes sourds, le 13 mai dernier à Brazzaville, sur la lutte contre la désinformation en République du Congo.
Rédigé par Kesnov Medurin Ngouolali
Crédit photos : La Brève Online

