Les acteurs africains appelés à accélérer l’intégration des marchés financiers
Afrique/Finances
Les travaux de la cinquième édition de l’Africa Capital Markets Forum (ACMF) se sont ouverts le 28 mai à Brazzaville, avec pour ambition de renforcer le rôle des marchés financiers africains dans le financement du développement du continent. Réunissant des représentants d’une vingtaine de pays, cette rencontre met l’accent sur l’intégration des places financières africaines, la mobilisation de l’épargne régionale ainsi que l’amélioration de l’accès au financement des économies.
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Placée sous le thème « Cap vers des marchés performants et intégrés : de la vision à l’impact ! », cette édition est organisée par One Africa Forums, plateforme panafricaine dédiée au développement des marchés de capitaux, en partenariat avec la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf).
Durant plusieurs jours, régulateurs, investisseurs institutionnels, banques, opérateurs de marché, institutions financières et partenaires au développement échangent autour des défis et opportunités liés à l’essor des marchés financiers africains.

Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par une dynamique encourageante du marché financier sous-régional, notamment après l’introduction en bourse de BGFI Holding Corporation à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac). L’opération a permis à la capitalisation boursière de progresser en une seule journée de 479 à 1 658 milliards FCFA.
Selon les organisateurs, près de 71 % des souscripteurs étaient des personnes physiques, illustrant une implication croissante des épargnants de la sous-région dans les mécanismes de financement par le marché.

Ouvrant les travaux, le ministre congolais des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka, a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de disposer de marchés financiers robustes, transparents et interconnectés afin de soutenir durablement la croissance économique.
« Sans marchés financiers solides, transparents et connectés, il n’y a ni investissement durable, ni croissance inclusive, ni financement efficace de nos économies », a-t-il déclaré.

Pour le ministre, l’Afrique centrale possède désormais plusieurs atouts pour développer des marchés capables de mobiliser l’épargne locale, d’accompagner les entreprises et de soutenir l’intégration régionale. Il a plaidé pour un approfondissement du marché financier régional à travers le renforcement de la gouvernance des entreprises cotées, l’amélioration de la qualité de l’information financière ainsi que la modernisation des infrastructures de marché.
Christian Yoka a également souligné l’importance de l’intégration des marchés financiers africains, considérée comme un levier stratégique pour réduire les coûts de financement, élargir la base des investisseurs et renforcer la résilience des économies africaines face aux chocs extérieurs.
Les échanges portent aussi sur plusieurs défis majeurs, notamment la transparence, la protection des investisseurs, la discipline de marché ainsi que le financement de l’économie réelle, en particulier les petites et moyennes entreprises, les infrastructures, l’agriculture, l’énergie et le logement.
La présidente de la Cosumaf, Jacqueline Adiaba-Nkembe, a rappelé que les marchés financiers doivent avant tout contribuer à la transformation économique et sociale du continent.
« Les marchés financiers ne sont pas une fin en soi. Ils sont des leviers au service du financement de l’économie, de la mobilisation de l’épargne et de l’innovation », a-t-elle indiqué, appelant à renforcer la confiance des investisseurs grâce à une meilleure transparence de l’information financière.
De son côté, le président de One Africa Forums, Hassan Alaoui, a salué l’évolution de l’ACMF, devenu selon lui un cadre de dialogue privilégié entre experts africains du financement et des marchés de capitaux.
« Nous sommes une plateforme de dialogue d’experts. Nous sommes là pour parler de sujets concrets qui touchent au développement de nos économies », a-t-il affirmé.
En marge des assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) organisées à Brazzaville, les participants examineront plusieurs thématiques stratégiques, parmi lesquelles le financement des infrastructures, les synergies entre banques et marchés financiers, la finance verte et islamique ainsi que la mobilisation de l’épargne de la diaspora et du secteur informel.
Rédigé par Gigie PAMBOU
Crédit photos : La Brève Online

