Finance : le Congo se dote d’un nouvel outil pour faciliter l’accès au crédit

La République du Congo franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son système financier. Le ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka, a procédé, le 24 juin à Brazzaville, au lancement officiel des activités du Bureau d’information sur le crédit de la CEMAC (BIC-CEMAC), exploité par Crédit Info Central Africa (CICA). Une initiative qui vise à renforcer la confiance entre les établissements financiers et les emprunteurs afin de favoriser un meilleur accès au financement.

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La cérémonie s’est déroulée en présence de la ministre des Petites, moyennes entreprises et de l’Artisanat, Irène Marie Cécile Mboukou Kimbatsa, du directeur national de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), Serge Dino Daniel Ngassakys, ainsi que du directeur général de CICA, Philippe Boupda. Elle a également été marquée par la signature de contrats de partenariat entre le Bureau d’information sur le crédit et plusieurs établissements de crédit.

Pour Christian Yoka, l’entrée en activité du BIC-CEMAC constitue un levier essentiel pour dynamiser le financement de l’économie nationale. Selon lui, la qualité de l’information financière demeure un facteur déterminant dans l’octroi des crédits.

« Dans une économie moderne, le crédit se nourrit avant tout de la confiance, et la confiance repose sur la disponibilité d’une information fiable, complète et accessible », a-t-il souligné, estimant que cette nouvelle infrastructure contribuera à rendre le système financier plus transparent, plus inclusif et davantage orienté vers l’investissement productif.

Premier Bureau d’information sur le crédit agréé dans l’espace CEMAC, Crédit Info Central Africa a pour mission de collecter et de centraliser les données relatives aux emprunteurs afin de produire des rapports de solvabilité destinés aux banques et aux établissements de microfinance. Grâce à ces informations, les prêteurs pourront mieux évaluer les risques liés aux demandes de financement, tandis que les emprunteurs respectant leurs engagements bénéficieront d’un historique de crédit valorisé.

Pour le directeur national de la BEAC, Serge Dino Daniel Ngassakys, cette réforme répond à une ambition régionale : créer un environnement financier plus sûr et plus performant au service du développement économique.

« La construction de cette infrastructure sous-régionale permettra de transformer l’information en confiance, la confiance en crédit et le crédit en croissance économique durable », a-t-il déclaré.

Au-delà du secteur bancaire, le dispositif devrait particulièrement profiter aux petites et moyennes entreprises, souvent confrontées à des difficultés d’accès au financement faute d’informations suffisantes sur leur solvabilité. En facilitant l’évaluation des risques, le Bureau d’information sur le crédit pourrait contribuer à réduire le coût du crédit et à élargir les opportunités de financement pour les acteurs économiques.

Le responsable de la BEAC a indiqué que la phase de déploiement opérationnel du dispositif s’achèvera en juillet 2026. L’enjeu sera alors d’assurer la régularité des échanges d’informations entre les institutions financières et le Bureau d’information sur le crédit, conformément au règlement communautaire de la CEMAC qui encadre cette activité.

Après le Cameroun, la République centrafricaine et le Tchad, la République du Congo devient ainsi le quatrième pays de la sous-région à accueillir officiellement les activités de CICA. Le processus de déploiement se poursuivra prochainement au Gabon et en Guinée équatoriale, renforçant progressivement l’intégration financière au sein de l’espace CEMAC.

Gigie PAMBOU

Crédit photos : La Brève Online

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