Journée africaine de lutte contre la corruption : La HALC érige l’intégrité en priorité nationale
À l’occasion de la 10ᵉ Journée africaine de lutte contre la corruption, célébrée sous le thème « Intensifier la promotion de l’intégrité et la lutte contre la corruption sur le continent », le président de la Haute autorité de lutte contre la corruption (HALC), Emmanuel Ollita Ondongo, a appelé à une mobilisation générale pour faire de l’intégrité un véritable pilier de la gouvernance publique au Congo.
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Dans une déclaration rendue publique, Emmanuel Ollita Ondongo a rappelé que la corruption demeure un frein majeur au développement et touche directement les populations les plus vulnérables. Selon lui, le thème retenu cette année traduit la volonté des États africains de passer des engagements de principe à des actions concrètes et mesurables.
« La corruption n’est pas une abstraction lointaine. Elle se manifeste au quotidien, lorsqu’un pot-de-vin est exigé pour accélérer une procédure administrative, lorsqu’un marché public est attribué dans l’opacité, lorsqu’une note scolaire s’achète ou encore lorsque l’accès aux soins dépend de paiements illicites », a-t-il dénoncé.

Pour le président de la HALC, chaque acte de corruption affaiblit l’État, détourne des ressources destinées aux services essentiels et accentue les inégalités sociales. Il a salué la volonté affichée par les autorités congolaises de renforcer la gouvernance publique à travers des réformes structurelles.
Parmi les priorités évoquées figurent la digitalisation des services publics, présentée comme un levier essentiel pour limiter les contacts favorisant les pratiques corruptrices et améliorer la traçabilité des procédures administratives. Emmanuel Ollita Ondongo a également insisté sur la nécessité de renforcer la transparence dans la gestion des marchés publics et des finances de l’État, tout en exigeant une plus grande redevabilité des gestionnaires des deniers publics.

Le président de la HALC a, en outre, plaidé pour une protection effective des lanceurs d’alerte, estimant que les citoyens qui dénoncent les actes de corruption doivent être protégés plutôt que sanctionnés. Il a également appelé à intégrer l’éducation à l’intégrité dès le plus jeune âge afin de former une génération davantage attachée aux valeurs d’éthique et de responsabilité.
Dans cette dynamique, la HALC, avec l’appui du Fonds monétaire international (FMI), relancera dans les prochains jours l’opération de déclaration des conflits d’intérêts, considérée comme un outil majeur de prévention des pratiques de corruption dans la gestion publique.

S’adressant directement aux citoyens, Emmanuel Ollita Ondongo a rappelé que la lutte contre la corruption ne saurait reposer uniquement sur les institutions. Il les a invités à refuser de verser ou de solliciter des pots-de-vin, à signaler les faits de corruption via le numéro vert 1023 et à exiger davantage de transparence dans la gestion des affaires publiques au niveau local.
« Aucune loi, aucune institution, aussi solide soit-elle, ne pourra, à elle seule, venir à bout de la corruption sans l’adhésion et l’engagement de chaque citoyen », a-t-il insisté, appelant à faire de l’intégrité « une exigence partagée » et de la lutte contre la corruption « une cause nationale ».
Pour marquer cette célébration, la HALC organisera, du 21 au 24 juillet à Ouesso, dans le département de la Sangha, une conférence anticorruption ainsi que le lancement des premiers clubs d’intégrité. L’institution entend progressivement étendre cette initiative à l’ensemble des départements du Congo afin d’ancrer durablement la culture de l’intégrité dans la société.
Crédit photos : La Brève Online

