Les acteurs

UNFPA–BAD : l’Afrique mise sur sa jeunesse pour transformer son avenir

La signature du mémorandum d’entente entre Fonds des Nations-unies pour la population et Groupe de la Banque africaine de développement a donné le ton d’une ambition continentale : faire de la jeunesse africaine le principal moteur du développement économique et social de l’Afrique.

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Au-delà du protocole diplomatique, cet accord traduit une volonté commune d’accélérer les investissements dans le capital humain, considéré désormais comme l’un des leviers stratégiques de transformation du continent.

Prenant la parole devant les médias, Diene Keita, également secrétaire générale adjointe des Nations unies, a insisté sur la portée de ce partenariat qu’elle qualifie d’engagement structurant pour l’avenir africain.

Selon elle, l’Afrique dispose d’un atout majeur : sa population jeune. Encore faut-il que cette jeunesse bénéficie d’un accès réel à l’éducation, aux soins de santé, à la formation et à l’emploi afin de devenir une véritable force productive plutôt qu’un facteur de fragilité sociale.

Le partenariat entre l’UNFPA et la BAD entend justement agir sur plusieurs priorités à la fois : la santé maternelle, l’éducation des jeunes filles, la formation professionnelle, l’insertion économique des jeunes ainsi que le financement des politiques sociales.

Investir dans le capital humain

Pour la responsable onusienne, la question du financement reste centrale. Elle estime toutefois que les ressources existent, à condition de mobiliser ensemble les États, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé ainsi que les fondations internationales.

Dans plusieurs pays africains, les défis demeurent importants : mortalité maternelle élevée, grossesses précoces, chômage des jeunes ou encore décrochage scolaire continuent de freiner le développement.

« Aucun pays ne peut construire une croissance durable sans investir d’abord dans sa population », a-t-elle soutenu, rappelant que la santé et l’éducation constituent les fondements mêmes du développement économique.

Vers des politiques publiques mieux coordonnées

L’un des objectifs du mémorandum est également de renforcer la cohérence entre les différentes politiques publiques africaines.

Selon l’UNFPA, les ministères de la Santé, de l’Éducation, des Finances ou encore de la Planification travaillent encore trop souvent de manière cloisonnée, limitant ainsi l’efficacité des investissements publics.

L’accord signé à Brazzaville vise donc à encourager une approche intégrée où les politiques économiques prennent davantage en compte les réalités démographiques et sociales.

Pour les partenaires, chaque investissement dans l’éducation, la santé reproductive ou l’emploi des jeunes doit désormais être pensé comme un investissement stratégique pour la croissance future.

Le Congo engagé dans la modernisation des données démographiques

Au cours de cette rencontre avec la presse, Diene Keita a également salué le lancement du recensement général de la population en République du Congo, une opération attendue depuis plusieurs décennies.

Grâce aux outils numériques, aux technologies géoréférencées et aux systèmes modernes de collecte de données, ce recensement permettra aux autorités congolaises de disposer d’indicateurs fiables pour mieux orienter les politiques publiques.

Pour l’UNFPA, les données démographiques constituent aujourd’hui un outil indispensable pour planifier efficacement les investissements dans les infrastructures, l’éducation, la santé ou encore l’emploi.

Une coopération appelée à évoluer

Les responsables de l’UNFPA et de la BAD présentent enfin ce mémorandum comme un cadre de coopération évolutif, capable de s’adapter aux mutations rapides que connaît le continent africain.

Urbanisation accélérée, transition numérique, changements climatiques et nouvelles réalités du marché du travail imposent, selon eux, des réponses flexibles et coordonnées.

À travers cette alliance, les deux institutions veulent accompagner les États africains dans la transformation de leur potentiel démographique en véritable moteur de croissance et de stabilité.

À Brazzaville, cette signature apparaît ainsi comme bien plus qu’un simple accord institutionnel : elle symbolise la volonté de bâtir une Afrique capable d’investir durablement dans sa jeunesse pour préparer son avenir.

Didier MAKOSSO

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