Les panélistes tenant le nouveau rapport

Le déficit du financement du commerce africain pourrait bondir de 17,7 % d’ici 2027

Afrique/Economie

Le déficit du financement du commerce en Afrique pourrait atteindre entre 86,6 et 102,6 milliards de dollars à l’horizon 2027, soit une hausse estimée à 17,7 % par rapport au niveau enregistré en 2024. C’est ce que révèle le Rapport 2025 sur l’offre de financement du commerce en Afrique, publié le 27 mai à Brazzaville.

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Selon ce document, les tensions géopolitiques internationales, notamment le conflit au Moyen-Orient et les perturbations liées à une éventuelle fermeture du détroit d’Ormuz, continuent de fragiliser les mécanismes de financement du commerce sur le continent. Le rapport rappelle qu’en 2017, le déficit était évalué à 95,6 milliards de dollars avant de reculer à 73,6 milliards en 2024. Toutefois, les projections pour 2027 pourraient « anéantir une décennie de progrès », avertissent les auteurs du rapport.

Le document met également en avant les initiatives déployées par la Banque africaine de développement (Bad) pour soutenir les échanges commerciaux africains. L’institution appuie actuellement plus de 13,5 milliards de dollars de transactions commerciales à travers des lignes de crédit, des mécanismes de coopération commerciale, des accords de partenariat régional ainsi que des dispositifs de garantie.

Le rapport souligne aussi le rôle stratégique joué par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), notamment grâce au Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), lancé en 2019 pour faciliter les paiements transfrontaliers en monnaies locales. D’autres mécanismes, comme le Programme africain de financement et de facilitation du commerce (AFTRAF) et le Fonds de développement des exportations, sont également cités parmi les outils visant à renforcer les échanges intra-africains.

Face aux défis persistants, le Rapport 2025 recommande aux institutions financières de développement, aux banques centrales, aux établissements commerciaux et aux autorités de régulation de renforcer la gestion des risques liés aux petites et moyennes entreprises (PME), souvent considérées comme les plus exposées.

Le document plaide par ailleurs pour une accélération de la transformation numérique des opérations de financement du commerce, un accroissement du financement en monnaies locales afin de stimuler le commerce intra-africain, ainsi qu’une harmonisation plus rapide des cadres nationaux avec les normes internationales en matière de durabilité environnementale.

La publication de ce rapport intervient dans le cadre des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, organisées du 25 au 29 mai à Brazzaville.

Marleine SAMBA

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