Prostitution déguisée au Congo

Prostitution déguisée au Congo

Aujourd’hui, il ne s’agit plus de se rendre au bordel pour trouver une prostituée. La nouvelle pratique de la prostitution, prend de l’ampleur dans certains quartiers de Brazzaville.

Ce phénomène, est vu d’un mauvais œil par le voisinage  « La première inquiétude, c’est de voir apparaître des maisons closes  », a indiqué Asaf Mikano, commerçant au marché Total.

Les filles et femmes commerçantes dans les marchés, ne vendent non pas seulement leurs produits mais se vendent elles mêmes aussi au plus offrants. L’un des responsables du comité du marché de la place Marcelin Assa, a noté de très fortes augmentations de la prostitution notamment des mineurs depuis le début de cette année. ‘‘Elles procèdent à la fois d’une soif d’argent et d’une standardisation à l’extrême de l’acte sexuel détruit  par l’explosion de la pornographie et des réseaux sociaux ’’,  a fait remarquer Assa, désapprouvant cette pratique sociale.

photo d’illustration prise sur Google

Scène vécue jeudi 19 novembre 2020 vers 10h dans un quartier, un chauffeur perd momentanément son taxi. Franck Tanawa, l’ami du chauffeur arrive avec un retard avec le taxi. « Pourquoi as-tu pris mon taxi sans me faire signe ? » réagi le propriétaire du taxi. «  Toutes mes excuses, je venais de recevoir un appel venant d’un jeune à qui j’avais confié une commission de me trouver une fille. Il fallait vite aller pour me libérer », a répondu son ami.

Emu de cette histoire, il accepte de nous parler de cette prostitution et de nous passer les coordonnées du proxénète, responsable d’une maison close, pratiquant la prostitution déguisée assimilée au tourisme sexuel, un sujet préoccupant au Congo. « C’était une fille qui était en train de vendre, après avoir reçu l’appel de leur responsable, elle a laissé sa marchandise pour me rejoindre dans un coin. Et on a fait l’affaire moyennant 4000frs », a – t – il expliqué.

Pour savoir comment gère t – il ces filles, pour leur mettre en contact avec les clients, le proxénète Christian Mankoussou, explique « Je fais de mon mieux pour leur trouver des clients. Parce que, c’est mon gagne pain. Au départ, je ne voulais pas profiter d’elles. Mais, elles sont venues me solliciter et j’ai aménagé chez moi pour les recevoir à n’importe quel moment. Impossible pour moi de citer leur rang social, mais je reçois les hommes de toutes les catégories ».

Il s’agit là, de la prostitution clandestine. Pour d’autres, ils se rencontrent dans les alentours des marchés, dans des maisons closes ou aux cataractes, (Un site naturel ouvert au public après les rapides du fleuve Congo, non loin du pont du Djoué). Souvent les femmes disent qu’elles viennent pour vendre, mais elles viennent pour autre chose. Il s’agit parfois des filles de 16 ans, des adolescentes ou de femmes d’une quarantaine d’années.

Une enquête réalisée à Brazzaville, sur la vulnérabilité face au virus du sida et aux infections sexuellement transmissibles (Ist), a révélé que ce phénomène est lié à une extrême pauvreté. Voilà pourquoi la prostitution des hommes et des femmes est en croissance.

« Du point de vue pénal, nous n’en avons pas la qualification. Les principes sont clairs, tant qu’il n y a pas de texte qui réprime l’infraction et qui prévoit la sanction, on ne peut pas parler de son existence. En effet, les dispositions sur le proxénétisme, à l’article 334 du code pénal stipule : ‘‘ Sera considéré comme proxénète et puni d’un emprisonnement de six mois à deux ans et d’une amende de 400.000 à 4.000.000 de frs Cfa, sans préjudice de peines plus fortes, de même, celui ou celle : qui d’une manière quelconque, aide, assiste ou protège sciemment la prostitution d’autrui ou le racolage en vue de la prostitution … », a précisé un homme de droit en service au Tribunal de grande instance.

Il serait mieux que ces femmes se contentent à leur vente. Elles sont livrées à elles-mêmes. Elles cherchent des clients. La plupart du temps, ce sont des filles analphabètes ou semi lettrées. Souvent ce sont des hommes très soignés, qui y vont.

Dans ce contexte, les Ong et associations ne les jugent pas. Mais, les sensibilisent à travers les campagnes pour le port du préservatif, en vue de se protéger, contre les infections sexuellement transmissibles (ist) et les grossesses non désirées. « Oui, parfois je me prostitue et je suis informée des risques de maladies qui y existent », a reconnu l’une des filles prostituées.

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