Fonction publique : Mabiala lance une vaste offensive contre les fonctionnaires fantômes, la corruption et l’absentéisme
Le gouvernement entend tourner la page des dysfonctionnements qui minent depuis des années l’administration publique congolaise. Le ministre d’État, ministre de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social, Pierre Mabiala, a dévoilé, le 23 juillet à Brazzaville, une série de réformes ambitieuses destinées à assainir la fonction publique, restaurer la discipline administrative et instaurer une véritable culture de la performance.
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S’adressant aux agents relevant de son département ministériel, le ministre a affiché sa volonté de mettre fin aux pratiques qui fragilisent la crédibilité de l’État. Au premier rang des mesures annoncées figure la suspension de l’utilisation des procurations et des cartes monétiques servant au paiement des salaires des agents ayant abandonné leur poste, notamment ceux vivant à l’étranger, en dehors des cas expressément prévus par la réglementation.
Dans la même dynamique, Pierre Mabiala a annoncé la mise en service, dès 2027, d’un numéro vert permettant de signaler anonymement les faits de corruption liés aux recrutements dans les directions départementales de la Fonction publique. L’objectif est de garantir des procédures de recrutement plus transparentes et d’assurer l’égalité des chances entre tous les candidats.

Le ministre a également fait savoir que les horaires de travail seront réaménagés de 8 heures à 15 heures, sans modification de la durée légale hebdomadaire fixée à 35 heures.
« Les mesures que je viens d’annoncer ne seront pas de simples intentions. Elles seront mises en œuvre avec méthode, impartialité et fermeté pour mettre un terme à toute forme de fraude, de négligence, d’incompétence et d’absentéisme », a-t-il déclaré. Leur entrée en vigueur est prévue à compter du 2 novembre 2026, après l’adoption des textes réglementaires nécessaires.
Au-delà de ces annonces, le ministre d’État a dressé un diagnostic sévère de l’administration publique. Corruption, absentéisme chronique, fonctionnaires fictifs, paiements indus de salaires et manquements à l’éthique professionnelle figurent parmi les principales dérives relevées. Selon lui, ces pratiques compromettent l’efficacité du service public et alimentent la défiance des citoyens envers l’administration.
« La fonction publique n’est ni un privilège ni un instrument de domination. Elle est une charge, un devoir et un engagement au service de l’intérêt général et non de l’intérêt personnel », a insisté Pierre Mabiala, appelant les agents de l’État à davantage de rigueur, de loyauté et de professionnalisme.
Pour traduire cette ambition en actes, le ministère engagera une revue générale des effectifs et des positions administratives des fonctionnaires. Un contrôle systématique de la présence physique des agents sera instauré et le versement des salaires sera désormais conditionné à la délivrance mensuelle d’une attestation de présence effective au poste de travail.
La réforme prévoit également une accélération de la transformation numérique de l’administration, avec l’unification des fichiers de la Fonction publique et de la Solde afin de fiabiliser les données et de lutter contre les doublons et les emplois fictifs. Elle introduira aussi une évaluation annuelle des performances des agents, la signature de contrats d’objectifs pour les responsables administratifs ainsi que la tenue régulière des conseils de discipline.
Enfin, afin de valoriser les comportements exemplaires, Pierre Mabiala a annoncé la création du Prix d’excellence de la Fonction publique, une distinction destinée à récompenser les fonctionnaires les plus intègres, compétents et performants. Une initiative qui s’inscrit dans la volonté du gouvernement de promouvoir une administration fondée sur le mérite, la responsabilité et les résultats.
À travers cet ensemble de mesures, le gouvernement affiche son intention d’engager une réforme profonde de la fonction publique. Reste désormais à transformer ces annonces en résultats concrets, dans un contexte où les précédentes tentatives d’assainissement se sont souvent heurtées aux résistances administratives et au manque de suivi.

