Tourbières du bassin du Congo : un atelier technique pour renforcer le suivi et les applications climatiques
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), en partenariat avec le ministère de l’Environnement, du développement durable et du Bassin du Congo, a lancé le 8 juin à Brazzaville un atelier technique consacré au suivi des tourbières, à l’intégration des données et aux applications climatiques. Les travaux se dérouleront jusqu’au 12 juin.
Cette rencontre scientifique et technique s’inscrit dans le cadre du projet visant à sécuriser la biodiversité, les stocks de carbone et les réserves en eau des tourbières du bassin du Congo grâce à une gouvernance efficace et à une prise de décision éclairée.
Dans son mot de bienvenue, le coordonnateur de l’atelier a rappelé l’importance stratégique des tourbières congolaises, considérées comme l’une des plus grandes réserves de carbone tropical au monde. Selon lui, la connaissance et le suivi de ces écosystèmes sont devenus essentiels dans le contexte actuel des changements climatiques et des mécanismes de financement climatique.

Prenant la parole au nom de la Fao, la représentante résidente de l’institution en République du Congo, Dr Ricarda Mondry a souligné que les tourbières du bassin du Congo constituent un patrimoine naturel d’importance mondiale. « Elles stockent d’immenses quantités de carbone, abritent une biodiversité exceptionnelle et fournissent des services écosystémiques essentiels aux populations locales », a-t-elle déclaré.
Elle a salué les efforts déployés par la République du Congo à travers sa participation aux processus internationaux de lutte contre le changement climatique, notamment le mécanisme REDD+, l’Accord de Paris et plusieurs initiatives régionales. Selon elle, la disponibilité de données fiables demeure indispensable pour améliorer les inventaires nationaux des gaz à effet de serre, renforcer les systèmes de mesure, notification et vérification (MNV) et évaluer les progrès accomplis dans le cadre des engagements climatiques du pays.
Cette nouvelle phase de formation, qui fait suite à un premier atelier organisé à Brazzaville plus tôt dans l’année, vise à passer de l’apprentissage théorique à la mise en œuvre opérationnelle.
Les participants bénéficieront notamment de formations sur l’intégration des données de terrain et des données d’observation de la Terre à travers les plateformes CEPAL et Google Earth Engine.
Représentant la ministre de l’Environnement, du développement durable et du Bassin du Congo, le directeur de l’Écologie et des Ressources naturelles, Narcisse Ofoulou, également point focal national des tourbières, a rappelé que ce projet a été lancé en République du Congo le 8 juin 2022 grâce à l’appui du gouvernement allemand dans le cadre de l’Initiative internationale pour le climat (IKI), avec le concours de la FAO et du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

Il a indiqué que plusieurs applications ont déjà été développées pour assurer le suivi des tourbières et appuyer la prise de décision en matière d’hydrologie et de climat. Après une première phase de présentation et de formation réalisée en février 2025, cet atelier marque une étape plus avancée destinée à opérationnaliser le système national de surveillance des tourbières.
« Cet atelier constitue une deuxième phase plus avancée et opérationnelle. Il vise à renforcer les capacités techniques et institutionnelles nationales pour opérationnaliser le système de surveillance des tourbières à travers l’intégration des données de terrain, des outils de télédétection et des mécanismes de rapportage climatique », a-t-il expliqué.
Les travaux permettront également d’explorer les opportunités offertes par les financements climatiques, les marchés volontaires du carbone ainsi que les mécanismes internationaux valorisant la conservation des écosystèmes riches en carbone.
À l’issue des cinq jours de formation, les participants devraient disposer d’outils techniques avancés, de plans d’action opérationnels et d’un cadre renforcé de collaboration pour soutenir la gestion durable des tourbières du bassin du Congo et contribuer à l’atteinte des engagements climatiques nationaux et internationaux.
Au nom de la ministre de l’Environnement, le représentant du gouvernement a officiellement déclaré ouverts les travaux de cet atelier avant une photo de famille réunissant les participants venus du Congo, de la République démocratique du Congo et du Gabon.
Par Rino Chardin
Crédit photos : La Brève Online

