« Mérite », « récompense », « plaisanterie » : les réactions à la reconduction de Makosso
Denis Sassou N’Guesso, a reconduit le 23 avril Anatole Collinet Makosso comme premier ministre, chef du gouvernement. Une décision qui n’a pas manqué de faire réagir l’opinion publique congolaise.
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Dans les quartiers de Brazzaville, les réactions oscillent entre approbation, incompréhension et ironie. « Mérite », « récompense » ou encore « plaisanterie » : les mots employés traduisent la diversité des perceptions face à ce choix politique.
Certains saluent une décision jugée cohérente. « Le poste de chef du gouvernement exige un tempérament mesuré et apaisé, loin de toute brutalité. Pour nous, sa reconduction est logique : c’est un homme de dialogue, un rassembleur dans un contexte où l’unité est essentielle », estime l’analyste Ismaël Mpicka,
Mais pour beaucoup, l’heure est surtout aux attentes concrètes. Dans les transports en commun comme dans les marchés, les préoccupations quotidiennes dominent les échanges. « Il faut qu’il fasse mieux que par le passé. Le président lui renouvelle sa confiance, à lui maintenant de prouver qu’il peut améliorer nos conditions de vie », confie un habitant de Diata dans le 1er arrondissement Makélékélé.
Les questions sociales restent au cœur des préoccupations : accès à l’électricité, à l’eau potable, ou encore situation des retraités. « Les retraités souffrent énormément, bien qu’un souffle de soulagement a été constaté depuis quelques jours. La population est fatiguée, il faut des solutions urgentes », déplore Sébastien Pambou, enseignant en éducation physique.
D’autres affichent un détachement teinté de pragmatisme. « Qu’il soit reconduit ou non, ce n’est pas mon problème. Moi, je dois nourrir ma famille. Mais il doit quand même travailler pour que nos conditions changent », lâche l’entrepreneur Richard Sah, résumant un sentiment largement partagé.
Le secteur de la santé cristallise également les inquiétudes. Le fonctionnement du Centre hospitalier universitaire de Brazzaville est pointé du doigt, sur fond de retards de paiement du personnel et de risques de mouvements sociaux. « Le système est à bout de souffle », alerte un usager.
Si certains observateurs reconnaissent que cette reconduction ouvre une nouvelle phase d’action gouvernementale, ils préviennent toutefois : les attentes sont désormais élevées et la marge d’erreur réduite. L’amélioration de la fourniture en énergie apparaît notamment comme un test décisif pour l’exécutif.
Entre continuité politique et exigence de résultats, le gouvernement dirigé par Anatole Collinet Makosso est désormais attendu au tournant. Pour de nombreux congolais, le temps des discours semble révolu : place aux actes.
Crédit photo : La Brève Online

