Le Congo renforce sa surveillance phytosanitaire grâce aux outils numériques
Pour protéger les végétaux des nuisibles des plantes, un atelier national de formation consacré à la surveillance numérique a été ouvert le 1er juillet à Brazzaville.
Un atelier réunissant experts nationaux et internationaux, cadres du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, représentants de la Fao, de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV) ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers.
Organisée dans le cadre du Programme phytosanitaire pour l’Afrique, cette session de trois jours vise à renforcer les compétences des enquêteurs de terrain appelés à assurer une surveillance plus efficace des ravageurs et maladies qui menacent les cultures. L’objectif est de doter le pays d’un système phytosanitaire moderne, fondé sur les technologies numériques, afin d’améliorer la détection précoce des organismes nuisibles, la collecte des données et la prise de décision.

Dans son allocution, le représentant du Secrétariat de la Convention internationale pour la protection des végétaux (Cipv), Descartes Koumba, a salué l’engagement du gouvernement congolais en faveur du renforcement du système phytosanitaire national. Il a rappelé que la surveillance constitue le socle de tout dispositif efficace de protection des végétaux, permettant d’identifier rapidement les menaces, d’évaluer scientifiquement les risques et de protéger durablement la production agricole ainsi que les échanges commerciaux.
Intervenant au nom de la représentante résidente de la Fao, l’assistant chargé du programme, Thechel Ekouloungoulou, a souligné que la santé des végétaux demeure un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire, la protection de l’environnement et le développement économique. Il a rappelé que, selon les estimations internationales, les organismes nuisibles détruisent jusqu’à 40 % des productions agricoles mondiales chaque année, générant près de 220 milliards de dollars de pertes économiques. En Afrique, les pertes agricoles liées aux ravageurs sont estimées entre 30 et 60 %, pour un coût annuel avoisinant les 65 milliards de dollars.
Face à ces défis, le Programme phytosanitaire pour l’Afrique, porté conjointement par la Cipv, la Fao et la Commission de l’Union africaine avec l’appui de partenaires tels que l’Union européenne et le Royaume-Uni, ambitionne de moderniser les systèmes nationaux de surveillance phytosanitaire grâce à l’utilisation d’outils numériques, au développement des compétences techniques et au renforcement de la coopération régionale.

Au cours des trois prochains jours, les participants seront formés à l’utilisation d’applications numériques de collecte de données sur le terrain, aux outils de géolocalisation, aux plateformes de cartographie ainsi qu’aux méthodes d’analyse permettant une surveillance plus efficace des organismes nuisibles. Des exercices pratiques et des échanges d’expériences entre experts nationaux et internationaux viendront compléter les enseignements théoriques.
Ouvrant officiellement les travaux, le directeur de cabinet du ministre en charge de l’agriculture, Pascal Robin Ongoka, a insisté sur l’importance stratégique de cette initiative pour la République du Congo. Il a rappelé que l’agriculture constitue un secteur prioritaire de diversification économique et que sa modernisation passe nécessairement par le renforcement des capacités des agents chargés de la protection des végétaux.
Il a également invité les participants à tirer pleinement profit de cette formation afin que les connaissances acquises contribuent à la mise en place d’un système national de surveillance performant, capable d’anticiper les risques phytosanitaires, de détecter rapidement les foyers d’infestation et de limiter les pertes agricoles tout en réduisant le recours excessif aux pesticides.
À travers cet atelier, le Congo confirme sa volonté de se conformer aux normes phytosanitaires internationales et de renforcer la résilience de son agriculture face aux effets des changements climatiques, à l’intensification des échanges commerciaux et à la circulation accrue des organismes nuisibles. Une démarche qui s’inscrit dans la perspective d’une agriculture plus durable, d’une meilleure sécurité alimentaire et d’un commerce agricole répondant aux exigences internationales.

