Cslc-Unesco : les médias appelés à devenir des artisans de la paix face à la désinformation

Dans un contexte marqué par la prolifération des fausses informations et l’influence grandissante des réseaux sociaux, les professionnels des médias congolais ont été exhortés à assumer pleinement leur responsabilité dans la préservation de la paix et de la cohésion nationale.

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Ce message a été au cœur d’une conférence organisée à Brazzaville par le Conseil supérieur de la liberté de communication (Cslc), en partenariat avec l’Unesco, autour du thème : « Le rôle des médias dans l’édification d’un avenir de paix ».

Inscrite dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, cette rencontre a réuni responsables institutionnels, journalistes, universitaires, chercheurs et étudiants en journalisme autour d’une réflexion sur les défis du paysage médiatique congolais à l’ère du numérique.

Dès l’ouverture des travaux, les organisateurs ont insisté sur l’évolution de la mission journalistique. Dans un environnement où les informations circulent à une vitesse inédite, ils ont rappelé qu’une information non vérifiée ou sortie de son contexte peut attiser les tensions sociales, tandis qu’un traitement rigoureux et responsable contribue à renforcer la confiance du public et la stabilité du pays.

Godefroy Y, et Joachim Mbandza

Prenant la parole, la représentante de l’Unesco au Congo, Fatoumata Marega a souligné que la liberté de la presse constitue un pilier essentiel du développement durable. Selon elle, une information libre, crédible, pluraliste et accessible permet aux citoyens de mieux comprendre les enjeux de société, de participer au débat démocratique et de prendre des décisions éclairées.

Elle a également mis en avant l’accompagnement apporté par l’Unesco aux médias congolais à travers des programmes de formation portant sur la couverture des processus électoraux, la vérification des faits, la lutte contre la désinformation ainsi que le respect de l’éthique journalistique. L’organisation appuie par ailleurs les journalistes communautaires sur des questions liées à la sécurité alimentaire, à l’éducation, au changement climatique et au développement durable, tout en encourageant le leadership féminin dans les médias.

Évoquant les mutations technologiques, la responsable onusienne a estimé que l’intelligence artificielle et les réseaux sociaux représentent à la fois des opportunités de démocratisation de l’information et des vecteurs de diffusion de contenus manipulés ou de discours de haine. Face à ces défis, elle a plaidé pour un renforcement de l’éducation aux médias et à l’information ainsi que pour un journalisme fondé sur la rigueur, l’éthique et la recherche permanente de la vérité.

De son côté, le vice-président du Cslc, Jean Pierre Obambi a rappelé que les médias occupent une place stratégique dans la consolidation de la paix sociale. Revenant sur les épreuves traversées par le Congo, il a invité les journalistes à devenir de véritables « bâtisseurs du vivre-ensemble ».

« Les médias peuvent être des ponts ou des tranchées », a-t-il déclaré, appelant les professionnels de l’information à privilégier la vérification des faits, l’équité, le respect de la dignité humaine et la défense de l’intérêt général. Pour lui, résister aux pressions politiques, au sensationnalisme et aux tentatives de manipulation constitue aujourd’hui un engagement citoyen majeur.

Les débats ont également porté sur les risques liés à la circulation instantanée de l’information sur les plateformes numériques. Les intervenants ont souligné que la rapidité de diffusion favorise souvent la propagation de rumeurs avant toute vérification, exposant particulièrement les jeunes aux campagnes de désinformation.

Les experts ont ainsi plaidé pour le développement de l’esprit critique dès le plus jeune âge et pour le renforcement de l’éducation aux médias, afin de permettre aux citoyens d’identifier les sources fiables, de distinguer les faits des opinions et d’adopter les réflexes de vérification propres au travail journalistique.

Structurée autour de trois panels consacrés à l’éthique journalistique, aux défis du numérique et au journalisme de paix, la conférence a réuni plusieurs spécialistes, dont les docteurs Godefroy Yombi et Idriss Antonin Bossoto, ainsi que le professeur Ludovic Miyouna.

Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé sur la nécessité de bâtir un paysage médiatique plus professionnel, responsable et inclusif. Pour les participants, une information de qualité demeure un levier essentiel pour consolider la démocratie, préserver la cohésion nationale et construire une paix durable en République du Congo.

Rédigé par Julienne NDOULOU

Crédit photos : La Brève Online

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