Le Congo mise sur des infrastructures vertes et résilientes avec l’appui de la Banque mondiale
Infrastructures numériques
Le Congo amorce un tournant stratégique dans sa politique de transformation numérique en intégrant désormais les enjeux environnementaux et climatiques dans le développement de ses infrastructures technologiques. Réunis le 5 mai à Brazzaville, pouvoirs publics, acteurs privés et partenaires techniques ont pris part à un atelier consacré à la promotion d’infrastructures numériques « vertes et résilientes », sous l’impulsion du gouvernement congolais et du Groupe de la Banque mondiale.
Lire aussi : https://labreveonline.com/les-notaires-du-congo-adressent-un-supreme-adieu-a-me-elisabeth-chantal-mouke/
Organisée en partenariat avec l’Agence de régulation des postes et des communications électroniques (Arpce), cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet d’accélération de la transformation numérique (Patn), financé à hauteur de 100 millions de dollars. Elle marque une étape décisive dans la volonté du pays de concilier modernisation technologique et impératifs de durabilité.
Un virage stratégique pour le numérique congolais
Au cœur des échanges : la nécessité de bâtir un écosystème numérique capable de soutenir la croissance tout en limitant son empreinte environnementale. Pour les autorités, il ne s’agit plus seulement de déployer des infrastructures, mais de garantir leur durabilité face aux défis climatiques.

Fibres optiques, pylônes de télécommunications et centres de données sont désormais appelés à répondre à une double exigence : efficacité énergétique et résilience aux aléas tels que les inondations ou les glissements de terrain, de plus en plus fréquents dans le pays. Cette orientation s’inscrit dans le prolongement du Plan national de développement, qui fait du numérique un levier clé de diversification économique.
Des investissements à sécuriser
Les partenaires techniques, notamment le Groupe de la Banque mondiale, insistent sur la nécessité d’anticiper les risques. Au cours de la dernière décennie, le Congo a consenti des investissements importants pour moderniser ses infrastructures numériques. Toutefois, leur vulnérabilité face aux changements climatiques demeure une préoccupation majeure.
L’enjeu, selon les experts, est d’intégrer dès la phase de conception des projets des critères liés aux risques environnementaux, afin d’éviter que des investissements lourds ne soient compromis à moyen ou long terme.

Trois axes d’intervention prioritaires
Les travaux engagés à Brazzaville s’articulent autour de trois piliers essentiels :
- Diagnostic et cartographie : identifier les infrastructures existantes et évaluer leur exposition aux risques climatiques grâce à des outils géospatiaux ;
- Élaboration de normes : définir des lignes directrices favorisant des équipements économes en énergie, durables et alignés sur les standards internationaux ;
- Renforcement des capacités : former les acteurs publics et privés et encourager le partage d’expertise.
Ces axes devraient déboucher sur des recommandations concrètes, susceptibles d’alimenter un futur cadre réglementaire pour l’ensemble du secteur numérique congolais.
Vers une stratégie nationale intégrée
Pour le gouvernement, cette initiative dépasse le cadre technique. Elle ouvre la voie à l’élaboration d’une stratégie nationale des infrastructures numériques durables. Le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Frédéric Nzé, a souligné l’importance d’intégrer les risques climatiques dans les décisions d’investissement afin de renforcer la résilience globale de l’économie.
Même son de cloche du côté des experts internationaux. Intervenant au nom du Groupe de la Banque mondiale, Heriniaina Mikaela Andrianasy a rappelé que le pays se trouve à un moment charnière : si le numérique est un moteur de compétitivité, il reste fortement exposé aux perturbations environnementales.

Une transformation numérique sous contrainte climatique
Soutenue par le gouvernement japonais dans le cadre du partenariat « Quality Infrastructure Investment », cette assistance technique vise à accompagner le Congo dans la construction d’un modèle numérique plus durable. Cartographie des infrastructures, évaluation des vulnérabilités, révision des cadres normatifs : autant d’outils mobilisés pour anticiper les risques et renforcer la résilience du secteur.
Dans un contexte marqué par la récurrence des inondations et des dérèglements climatiques, cette approche apparaît comme un levier stratégique pour garantir la continuité des services numériques. Elle pourrait, à terme, consolider les bases d’une économie plus robuste, où innovation technologique et responsabilité environnementale avancent de concert.
Crédit photos : La Brève Online

