Le Congo lance des cliniques juridiques de proximité pour les femmes et les populations vulnérables

Le gouvernement congolais a lancé, le 14 juillet à Brazzaville, un projet pilote visant à rapprocher la justice des citoyens, en particulier des femmes et des populations vulnérables. Portée par l’Association des femmes juristes du Congo (AFJC), avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), cette initiative prévoit l’installation de cliniques juridiques communautaires dans les mairies d’arrondissement de la capitale avant une extension progressive à l’ensemble du pays.

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La cérémonie de lancement a été présidée par le garde des Sceaux, ministre de la Justice, des Droits humains et de la Promotion des peuples autochtones, Ange Aimé Wilfrid Bininga. Ce projet ambitionne de rendre les services juridiques plus accessibles aux citoyens qui, pour des raisons financières, géographiques ou sociales, peinent à faire valoir leurs droits.

Les cliniques juridiques offriront gratuitement des services d’information, de conseil, d’orientation et d’accompagnement aux personnes confrontées à des difficultés d’ordre juridique. Les femmes victimes de violences ou de discriminations, ainsi que les populations les plus vulnérables, figurent parmi les principaux bénéficiaires de cette initiative.

Au-delà de l’assistance individuelle, ces espaces auront également une vocation éducative. Ils serviront de cadres de sensibilisation aux droits humains, de prévention des conflits et de promotion d’une culture juridique au sein des communautés.

Pour le ministre de la Justice, l’accès à la justice constitue un droit fondamental qui doit être garanti à tous, sans distinction de sexe, de condition sociale, de lieu de résidence ou d’appartenance communautaire. Il a salué une initiative qui vient compléter les réformes déjà engagées par le gouvernement, notamment la loi Mouebara relative aux violences faites aux femmes et aux filles, ainsi que la législation portant protection et promotion des droits des personnes vivant avec un handicap.

Ange Aimé Wilfrid Bininga a également réaffirmé le soutien de son département ministériel à l’Association des femmes juristes du Congo, qu’il a encouragée à poursuivre son engagement en faveur d’une justice plus proche des citoyens.

De son côté, la représentante résidente du PNUD au Congo, Adama Dian Barry, a rappelé que les inégalités d’accès à la justice demeurent une réalité à l’échelle mondiale. Selon les données qu’elle a présentées, seulement 35 % des femmes estiment avoir effectivement accès à la justice, contre 44 % des hommes. Elle a également souligné que moins de 40 % des femmes victimes de violences signalent les faits et que moins de 10 % déposent une plainte auprès des services de police.

Pour la responsable onusienne, le projet répond aux engagements internationaux en matière d’égalité entre les sexes et contribue à la réalisation des Objectifs de développement durable, en renforçant la protection juridique des femmes et la confiance des citoyens envers les institutions.

Le programme prévoit également la vulgarisation des textes de loi, l’organisation de consultations juridiques gratuites, l’accompagnement judiciaire des personnes démunies ainsi que la facilitation de l’accès à l’aide juridictionnelle.

Fondée il y a trente-cinq ans, l’Association des femmes juristes du Congo s’est illustrée dans plusieurs réformes importantes, notamment par sa contribution à la modernisation du Code de la famille. Avec l’appui du PNUD et du Bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, elle entend faire de ces cliniques juridiques un outil de proximité pour une justice plus inclusive, plus accessible et davantage tournée vers les besoins des citoyens.

Par Monica Tchikaka

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