La digitalisation bancaire et l’intelligence artificielle au cœur des débats à Brazzaville
AFRIQUE–NUMÉRIQUE
Les acteurs des secteurs bancaire, numérique et des télécommunications ont plaidé, à Brazzaville, pour une accélération de la transformation financière et numérique en Afrique, en mettant l’accent sur l’intelligence artificielle, l’inclusion financière et l’interopérabilité des services.
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Intervenant lors d’un panel organisé en marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), les participants ont estimé que l’avenir du secteur bancaire africain repose désormais sur la digitalisation intelligente des services et sur une meilleure collaboration entre banques, opérateurs de téléphonie mobile et fintechs.
Le directeur général de la Banque postale du Congo (Bpc), Calixte Médard Tabangoli a souligné que la transformation numérique ne consiste plus seulement à convertir les documents papier en supports électroniques, mais à bâtir « la banque intelligente de demain », capable de personnaliser les services grâce à l’intelligence artificielle.
« La prochaine étape de l’activité bancaire, c’est l’intelligence artificielle. Il faut désormais réfléchir à une banque capable d’offrir des services personnalisés et accessibles 24 heures sur 24 », a-t-il indiqué au cours des échanges.
Selon les intervenants, le modèle traditionnel de la banque physique atteint aujourd’hui ses limites face aux nouvelles attentes des clients, notamment des jeunes générations, qui recherchent davantage de rapidité, de flexibilité et de simplicité dans les opérations financières.
Les experts ont également relevé plusieurs obstacles à cette transformation, parmi lesquels les contraintes infrastructurelles, réglementaires, administratives, les insuffisances de compétences numériques ainsi que les difficultés liées au financement des projets technologiques.
Pour les intervenants, ces défis nécessitent une véritable gouvernance de la digitalisation, fondée sur une nouvelle culture de contrôle et de conformité. « La digitalisation est un défi, mais l’effort de conformité doit devenir une culture », ont-ils insisté.
Au cours des discussions, les responsables des opérateurs d’Airtel mobile money ont rappelé le rôle stratégique joué par les télécommunications dans l’extension des services financiers jusque dans les localités les plus reculées.
Grâce aux milliers de points de distribution déployés sur le territoire, les opérateurs télécoms permettent aujourd’hui à des populations éloignées des agences bancaires d’accéder à des services de paiement, de transfert d’argent, de règlement des factures ou encore d’épargne.
Ces acteurs ont également plaidé pour une interopérabilité totale entre les banques, les plateformes de mobile money et les autres acteurs financiers afin de fluidifier les transactions et favoriser l’inclusion financière.
« Le client veut aujourd’hui pouvoir effectuer toutes ses opérations depuis son téléphone, sans avoir besoin de se déplacer dans une agence bancaire », a expliqué un dirigeant bancaire, soulignant l’importance des technologies intelligentes dans la personnalisation des services.
Les participants ont aussi mis en avant la nécessité d’accompagner l’émergence des fintechs locales à travers des mécanismes de financement adaptés, notamment les fonds de capital-risque rendus possibles par les nouvelles réglementations de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf).
Par ailleurs, les opérateurs de téléphonie ont annoncé le développement de nouvelles solutions numériques, notamment les paiements par QR code et les technologies sans contact, destinées à simplifier davantage les transactions financières du quotidien.
Cette rencontre a également permis d’aborder la place des femmes dans la transformation financière et numérique en Afrique, à travers un panel consacré au rôle féminin dans l’autonomisation économique et l’innovation technologique.
Les participants ont conclu que l’Afrique centrale devait accélérer sa transition vers une économie numérique moderne afin de répondre aux standards internationaux et aux attentes croissantes des populations en matière de services financiers intelligents et accessibles.
Par Gigie PAMBOU
Crédit photos : Banque postale

