Capital humain : l’une des grandes priorités du futur programme Congo–Unfpa 2027-2031

Le gouvernement congolais et le Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa) entendent donner une nouvelle impulsion à leur coopération.

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Réunis à Brazzaville dans le cadre d’un atelier de réflexion, de co-création et de priorisation stratégique, les différents acteurs ont lancé le processus d’élaboration du Programme de coopération 2027-2031, avec une ambition forte : renforcer les investissements dans le capital humain afin d’accompagner le développement durable du pays.

Cette rencontre, organisée dans le cadre de la préparation du prochain cycle de coopération entre le Congo et le système des Nations unies, a pour objectif de définir les grandes orientations qui guideront l’action de l’Unfpa au cours des cinq prochaines années. Après les consultations menées avec l’Unicef et le Pnud, l’agence onusienne spécialisée dans les questions de population, de santé reproductive et d’égalité des sexes engage à son tour cet exercice de planification stratégique.

Ouvrant les travaux au nom du ministre de l’Économie, du Plan, de la statistique et de la Prospective, le ministre délégué chargé à la jeunesse, Prince Michrist Kaba Mboko a rappelé que le futur programme devra s’inscrire dans les priorités nationales, notamment la Vision 2063, le Plan national de développement (Pnd) 2027-2031 et les dix actions prioritaires du projet de société du président de la République, L’Accélération de la marche vers le développement. Le développement du capital humain y figure comme un levier essentiel pour accélérer la croissance et améliorer le bien-être des populations.

Les échanges s’appuient sur les acquis du partenariat en cours. Parmi les résultats enregistrés, le taux de mortalité maternelle est passé de 436 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2015 à 304 en 2023. Une progression encourageante qui témoigne des efforts consentis, même si les participants estiment que des défis importants restent à relever.

Pour la représentante de l’Unfpa au Congo, Dr Agnès Kayitankoré, le nouveau programme devra consolider ces avancées tout en renforçant les investissements dans les secteurs qui contribuent directement au développement du capital humain. Elle a notamment insisté sur la nécessité de garantir un meilleur accès aux services de santé sexuelle et reproductive, de promouvoir les droits des femmes et des jeunes, et de renforcer les mécanismes de protection des populations les plus vulnérables.

Au-delà des questions sanitaires, le futur cadre de coopération accordera une place importante à l’autonomisation des jeunes, à la lutte contre les violences basées sur le genre, au renforcement du système statistique national ainsi qu’à l’amélioration de la qualité des données démographiques indispensables à la planification des politiques publiques. L’approche retenue repose sur une démarche participative associant administrations publiques, société civile, partenaires techniques et financiers et bénéficiaires.

Présentant les objectifs de l’atelier, le représentant assistant de l’Unfpa, Bruno Bilombo, a expliqué que les participants sont invités à évaluer les résultats du programme actuel, identifier les défis persistants, définir les axes stratégiques prioritaires et élaborer une théorie du changement qui servira de socle au futur programme.

Les travaux s’appuient également sur l’évaluation indépendante du sixième programme de coopération (2020-2025), qui met en évidence plusieurs réalisations majeures. Parmi celles-ci figurent l’appui au recensement général de la population, la modernisation du système d’état civil, le renforcement des services de santé, la promotion de la masculinité positive à travers les « Écoles des maris » ainsi que le développement de la plateforme numérique Tic Tac Ado, qui a permis de sensibiliser plus de 160 000 jeunes aux questions de santé sexuelle et reproductive.

L’évaluation souligne néanmoins plusieurs insuffisances, notamment les difficultés d’approvisionnement en produits contraceptifs dans certaines zones reculées, les contraintes de financement, les ruptures dans la continuité des soins obstétricaux d’urgence ainsi que le manque de personnel qualifié dans plusieurs localités.

Pour répondre à ces défis, neuf recommandations ont été formulées. Elles portent notamment sur la continuité des services de santé sexuelle et reproductive, le renforcement des partenariats avec les organisations de la société civile, l’amélioration de la résilience face aux crises humanitaires, la mise en place d’un système national de collecte des données sur les violences basées sur le genre, la diversification des sources de financement et le renforcement du suivi-évaluation.

À travers ce nouveau programme de coopération, le Congo et l’Unfpa ambitionnent de bâtir un partenariat davantage orienté vers les résultats, en faisant du développement du capital humain un moteur de transformation. L’objectif est de renforcer les capacités des populations, d’améliorer les indicateurs sociaux et de permettre au pays de mieux tirer parti de son dividende démographique.

A noter que cet atelier ouvert ce jour, prendra fin le 16 juillet.

Christian Trésor et Gigie PAMBOU

Crédit photos : La Brève Online

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