L'une des candidats

BEPC 2026 : dix détenus, dont deux filles, passent l’examen à la maison d’arrêt de Brazzaville

Derrière les murs de la maison d’arrêt de Brazzaville, dix candidats, dont deux jeunes filles détenues, ont entamé le 23 juin les épreuves du Brevet d’études du premier cycle (Bepc), à l’occasion du lancement officiel de cet examen d’État dans un centre devenu emblématique des efforts de réinsertion sociale par l’éducation.

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Comme chaque année, la maison d’arrêt figure parmi les centres retenus pour les candidats privés de liberté. Une initiative qui traduit la volonté des autorités de faire de l’école un outil de reconstruction personnelle, même en milieu carcéral.

Procédant au lancement des épreuves au nom du directeur général de l’administration pénitentiaire, son représentant, le directeur de la réinsertion sociale et de l’action sociale judiciaire, Jean Joël Komo a rappelé que la mission de l’institution ne se limite pas à la garde des détenus, mais englobe également leur préparation au retour dans la société.

« Notre responsabilité est de permettre à ceux qui séjournent dans les établissements pénitentiaires de retrouver leur place dans la société avec des connaissances et des compétences renforcées », a-t-il souligné.

Pour l’administration pénitentiaire, la prison doit être perçue non seulement comme un lieu d’exécution des peines, mais aussi comme un espace d’apprentissage et de réhabilitation. L’accès à l’éducation est ainsi considéré comme l’un des leviers les plus efficaces pour réduire la récidive et offrir de nouvelles perspectives aux détenus.

Cependant, malgré les progrès enregistrés dans l’enseignement général, des défis subsistent. Le développement des filières techniques et professionnelles reste encore limité dans les établissements pénitentiaires. À ce jour, aucun candidat de la maison d’arrêt de Brazzaville n’a encore pu se présenter au Brevet d’études techniques (BET), faute d’infrastructures adaptées et de moyens suffisants pour assurer une formation complète.

À la tête du centre d’examen, le président du jury, Georges Mvouangou a salué les dispositions prises pour garantir le bon déroulement des épreuves. Il a reconnu avoir abordé cette mission avec une certaine appréhension avant d’être rassurée par les conditions d’organisation mises en place.

« Nous avons trouvé un cadre bien organisé. Toutes les mesures ont été prises pour permettre aux candidats de composer dans la sérénité », a-t-il déclaré.

Confiance également du côté du personnel de la Maison d’arrêt, qui estime que les candidats détenus disposent souvent d’un environnement propice à la concentration. La responsable du centre n’a d’ailleurs pas caché son optimisme quant aux résultats attendus.

« Je crois sincèrement que ces candidats peuvent réaliser un excellent taux de réussite, voire atteindre les 100 % », affirment les agents.

Pour garantir la crédibilité des examens, les dispositifs de sécurité et de lutte contre la fraude ont été renforcés. Des représentants de la commission anti-fraude du ministère de l’Enseignement général veillent, aux côtés des agents pénitentiaires et du membre du jury, au respect strict de la réglementation en vigueur.

Parmi les candidats, l’émotion était perceptible. Une jeune détenue, inscrite à cette session du BEPC, a confié son stress face aux épreuves tout en exprimant sa gratitude pour l’opportunité qui lui est donnée de poursuivre sa scolarité malgré son incarcération. Déterminée, elle espère décrocher son diplôme afin de préparer son avenir autrement.

Au-delà de l’examen lui-même, cette session du BEPC rappelle que l’éducation demeure un puissant instrument de transformation sociale. Pour ces dix candidats, dont deux jeunes filles, chaque épreuve représente bien plus qu’une simple étape scolaire : elle symbolise la possibilité d’une seconde chance et l’espoir d’une réinsertion réussie une fois la liberté retrouvée.

Pour cette première journée, les candidats ont débuté les épreuves par les mathématiques avant de poursuivre, dans l’après-midi, ave l’histoire et la géographie.

Dans un contexte où les questions de réhabilitation des détenus demeurent un défi majeur, l’expérience de la maison d’arrêt de Brazzaville montre que l’accès au savoir peut contribuer à redonner confiance, dignité et perspectives à ceux que la société considère souvent comme définitivement condamnés à l’échec.

Par Gigie PAMBOU

Crédit photos : La Brève Online et Péa Morapenda

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