65e anniversaire des FAC et de la gendarmerie : entre démonstration de force et défis persistants
La célébration du 65e anniversaire des Forces armées congolaises (FAC) et de la gendarmerie nationale. Présidée par le ministre de la Défense nationale, Raymond Zéphirin Mboulou, la traditionnelle prise d’armes organisée à l’esplanade du stade Alphonse-Massamba-Débat a mis en avant l’image d’une force publique « endurante et opérationnelle ». Une démonstration de discipline militaire qui intervient toutefois dans un contexte où les attentes des populations en matière de sécurité et de modernisation des forces restent nombreuses.
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La cérémonie a rassemblé les plus hautes autorités militaires du pays, parmi lesquelles le chef d’état-major général des FAC, le général de division Guy Blanchard Okoï, ainsi que des officiers de différents corps, des attachés de défense accrédités au Congo et plusieurs membres du commandement de la force publique. Aux côtés du ministre de la Défense figurait également le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, le général de division Jean Olessongo Ondaye.
Près de 800 militaires issus de la Garde républicaine, de la gendarmerie nationale et des forces de police ont défilé pendant près d’une heure sous le thème : « Une force publique endurante et opérationnelle, résolument engagée à maintenir un climat de sécurité sur l’ensemble du territoire national ». Une thématique qui traduit la volonté des autorités de mettre l’accent sur la disponibilité opérationnelle des troupes face aux défis sécuritaires contemporains.
Cependant, au-delà de la solennité de l’événement et de la qualité du défilé, plusieurs observateurs estiment que les célébrations militaires doivent également être l’occasion d’évaluer sans complaisance les capacités réelles des forces de défense. La question de la modernisation des équipements, du renforcement des infrastructures militaires, de l’amélioration des conditions de vie des personnels ainsi que de la couverture sécuritaire dans certaines localités demeure régulièrement évoquée dans les débats publics.
Comme le veut la tradition, quinze agents de la force publique ont reçu des distinctions honorifiques à titre exceptionnel et normal. Les récipiendaires ont été élevés à différents grades dans les ordres du Mérite congolais, de la paix et du dévouement. Ces décorations visent à saluer l’engagement et le professionnalisme des hommes et femmes en uniforme.
Parmi eux, le colonel Roch Otoka, de l’état-major de l’armée de l’air, promu au grade de commandeur dans l’ordre du Mérite congolais, a exprimé sa gratitude envers sa hiérarchie et ses collaborateurs. Il a appelé ses collègues à poursuivre leurs efforts, soulignant que cette distinction constitue davantage un engagement qu’une récompense personnelle.

Si ces distinctions sont généralement bien accueillies au sein des forces armées, certains estiment néanmoins qu’elles gagneraient à s’accompagner d’une politique plus visible de promotion du mérite, de la formation continue et de l’amélioration des perspectives de carrière pour l’ensemble des personnels, notamment les plus jeunes.
Les festivités du 65e anniversaire se sont également articulées autour de plusieurs activités connexes, dont un culte œcuménique à la paroisse Notre-Dame du Centre-ville, le lancement de l’hôpital médico-chirurgical de campagne édition 2026 et une journée de recueillement dédié aux morts de la force publique.
Soixante-cinq ans après leur création, les Forces armées congolaises et la gendarmerie nationale continuent ainsi d’afficher leur volonté de garantir la stabilité du pays. Mais au-delà des parades et des hommages, le véritable défi reste celui de l’adaptation permanente aux nouvelles menaces sécuritaires et de la consolidation d’une armée moderne, efficace et davantage en phase avec les attentes des citoyens.
Par Gigie PAMBOU

