« Un journaliste sans exigence d’éthique est une menace pour la société », dixit Médard Milandou Nsonga
Le président du Conseil supérieur de la liberté de la communication (CSLC), Médard Milandou Nsonga, a attiré l’attention des professionnels des médias, le 8 mai à Brazzaville, sur le fait qu’« un journaliste sans exigence d’éthique est une menace pour la société, se plaçant ainsi « à l’opposé d’un trésor de paix ».
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Il a fait cette déclaration à l’occasion de la célébration en différé de la 33e édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse, sur le thème évocateur choisi par l’UNESCO, « Façonner un avenir en paix ».
De l’avis du président du CSLC, ce thème constitue une interpellation, au regard de certaines réalités qui prévalent dans le monde, entre autres le fait que les journalistes « ne sont pas les seuls maîtres de l’information et de sa production » et « le climat de guerre entre certains Etats et de conflits armés au sein d’autres Etats ».
Ce constat l’a ainsi amené à exhorter les participants, les pouvoirs publics, la société civile et la communauté internationale à s’interroger sur la manière de façonner, dans ces conditions, l’avenir en paix.
Soulignant que « façonner un avenir en paix sans une presse responsable ressemble à une utopie », il a rappelé que les professionnels des médias, parce que tenus de se conformer au code déontologique et d’éthique, ont le devoir de demeurer les « bâtisseurs d’un monde plus juste et plus serein ».

L’atteinte de cet objectif, a-t-il poursuivi, n’est possible que si le métier est pratiqué avec « abnégation et professionnalisme », c’est-à-dire exercé de façon « saine, désintéressée ».
Ayant rendu un hommage mérité aux professionnels des médias qui ont perdu la vie suite à une maladie, à un accident ou lors d’un conflit armé, sans oublier ceux victimes d’une incarcération au nom de la liberté d’expression, le directeur de cabinet du ministre en charge de la communication, Antoine Oviebo-Ethai, a dit que le thème de cette 33e édition, « est un rappel de l’UNESCO sur le rôle fondamental des acteurs des médias, pour une paix durable dans les nations et entre les peuples.
Conscient de l’influence des médias quant à leur capacité à construire les opinions des citoyens, il en a exhorté les acteurs à « repartir aux fondamentaux de leur métier » pour produire des contenus nécessaires à « l’apaisement de la vie et du climat social », donc à se positionner résolument à l’opposé de la problématique si impactante des fake news.
Invité à faire un témoignage sur sa carrière d’homme de presse, Joachim Mbandza, ancien haut-conseiller au CSLC et ancien directeur de publication du journal ‘’La Semaine africaine’’, a insisté sur l’impérieuse nécessité pour les professionnels des médias de « cultiver le dialogue en leur sein », afin de renforcer davantage et de façon perpétuelle la collaboration entre les organes, gage d’une presse libre et efficace. « Une corporation divisée devient faible et incapable d’être promotrice de la paix et de la cohésion sociale », a-t-il ajouté.
Pour sa part, le haut-conseiller au CSLC, Asie Dominique de Marseille, puisant dans son expérience d’ancien promoteur et animateur du journal ‘’Le Choc’’ et d’ancien journaliste à la radio et à la télévision nationales, a recommandé, autant que le JEC et l’UPPC, aux acteurs des médias de renouer avec la tenue régulière des conférences de rédaction, qui sont des réunions incontournables où se décident la sélection, la hiérarchisation, l’organisation et le traitement de l’actualité, pour la production de contenus crédibles.
Par ailleurs, Asie Dominique de Marseille a plaidé pour qu’un soutien financier et matériel soit constamment apporté à la presse congolaise, en vue de la rendre efficace et compétitive. « Si la presse est moribonde, comment pourra-t-elle contribuer à la construction de la démocratie ? », s’est-il interrogé.
Crédit photos : La Brève Online

