Notariat africain : une Commission des affaires africaines pour accélérer l’intégration du continent
La communauté notariale africaine a franchi une étape majeure avec le lancement officiel des activités de la Commission des affaires africaines (Caf) pour la législature 2026-2028. Une cérémonie solennelle, riche en symboles et en engagements, qui marque le début d’un mandat placé sous le signe de la coopération, de la formation et du renforcement de la sécurité juridique sur le continent.
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Au-delà de son caractère protocolaire, l’événement a mis en lumière le rôle stratégique du notariat, souvent discret mais essentiel dans l’organisation des sociétés modernes. Dans un contexte mondial marqué par des mutations économiques, sociales et technologiques, les notaires apparaissent plus que jamais comme des garants de la stabilité juridique et des acteurs clés du développement.
La présence du président de l’Union internationale du notariat a conféré à cette cérémonie une dimension particulière, traduisant l’intérêt croissant porté à l’Afrique et la volonté de bâtir un notariat sans frontières, fondé sur des valeurs communes et une vision partagée.

Élue à Berlin en octobre 2025 à la tête de la Caf, la nouvelle présidence a exprimé avec force le poids de la responsabilité qui lui incombe. « Une charge que je ne porterai pas seule », a souligné le nouveau président de la Caf, Bertrand Eric Fédhéré Pandi, insistant sur l’engagement collectif des notaires africains et du bureau pluridisciplinaire mis en place pour accompagner cette dynamique.
Parmi les priorités annoncées, la formation occupe une place centrale. L’ambition est de créer une véritable synergie entre les notariats africains, en favorisant les échanges de compétences et les formations croisées entre pays. Un notaire congolais pourra ainsi se former au Togo ou au Sénégal, dans une logique d’intégration et de montée en compétences à l’échelle continentale.

La Caf entend également renforcer sa coopération institutionnelle, notamment en sollicitant un statut d’observateur auprès de l’Union africaine. Une démarche stratégique visant à faire entendre la voix du notariat africain auprès des instances décisionnelles et à mieux défendre les intérêts de la profession.
Dans cette optique, plusieurs initiatives concrètes sont prévues : la mise en place de partenariats avec des compagnies aériennes pour faciliter la mobilité des notaires, la signature d’accords avec des sociétés d’assurance pour garantir une couverture lors des rencontres professionnelles, ainsi que l’élaboration d’un cadre réglementaire harmonisé pour encadrer la profession à l’échelle africaine.

Autre enjeu majeur du mandat : la détermination du siège de la Commission des affaires africaines, une question encore en suspens qui sera tranchée au terme de consultations entre les pays membres.
La Caf affiche également une volonté d’élargissement, en s’ouvrant à de nouveaux notariats, notamment lusophones, afin de renforcer l’ancrage du continent au sein du notariat mondial.
Pour les acteurs présents, cette nouvelle mandature incarne une opportunité historique. « Il ne s’agit pas de rupture, mais d’affirmation », a déclaré le président de l’Ordre des notaires du Burkina Faso, maître Yacouba Dembele, saluant une vision qui ambitionne de positionner durablement l’Afrique dans le concert des notariats internationaux. Il s’est aussi dit « très heureux et honoré » de faire partie du bureau mis en place par le président Pandi


De son côté, la présidente de la Chambre nationale des notaires du Congo, maître Christelle Eliane Bouanga-Eniangaise, a rappelé le rôle fondamental du notaire dans la société : sécurisation des transactions, encadrement des successions, conseil en matière matrimoniale ou encore accompagnement des entreprises. Autant de missions qui font du notaire un pilier de l’économie et un acteur de proximité au service des citoyens.
Portée par une feuille de route ambitieuse, axée sur la formation, la coopération et la modernisation, la Commission des affaires africaines ouvre ainsi une nouvelle page du notariat africain. Une page tournée vers l’excellence, l’unité et l’influence internationale.


Une nouvelle feuille de route pour affirmer la place du continent sur la scène internationale
Les travaux lancés par la ministre en charge des affaires sociales, de la solidarité et de l’action humanitaire, Irène Marie Cécile Mboukou Kimbantsa, marquent une étape importante dans la structuration du notariat africain. Au cœur des échanges, la feuille de route présentée par le président de la CAF (Conférence des Affaires du Notariat africain) se veut ambitieuse et résolument tournée vers l’avenir.
Rédigé par Gigie PAMBOU

