Diplomatie douanière : le Congo perd son droit de vote à l’OMD pour des arriérés de cotisations

La République du Congo traverse un nouvel épisode embarrassant sur le front de la diplomatie internationale. Faute d’avoir réglé ses cotisations à l’Organisation mondiale des douanes (Omd), le pays a été sanctionné lors de la dernière session du Conseil de l’institution à Bruxelles. Conséquence immédiate : Brazzaville a perdu son droit de vote et voit son statut de membre sérieusement fragilisé, tout en étant privé de l’appui technique de l’organisation.

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Selon plusieurs sources concordantes, cette situation résulte d’arriérés de cotisations couvrant la période 2024-2026. Dans une correspondance datée du 10 février dernier, le secrétaire général de l’OMD avait pourtant alerté les autorités congolaises, par l’intermédiaire de l’ambassade du Congo à Bruxelles, sur la nécessité de régulariser leur situation avant la tenue des instances de décision.

Le montant réclamé s’élèverait à 50 842,69 euros, soit environ 33,35 millions de FCFA. Une somme relativement modeste au regard des finances publiques d’un État, mais dont le non-paiement a entraîné des conséquences diplomatiques et institutionnelles importantes. Cette affaire soulève inévitablement des interrogations sur la gestion des engagements internationaux du pays et sur les mécanismes de suivi des obligations financières vis-à-vis des organisations dont le Congo est membre.

D’après des sources proches du dossier, la Direction générale des douanes et des droits indirects aurait accompli les démarches administratives nécessaires afin de permettre le décaissement des fonds dans les délais. Toutefois, le processus se serait enlisé au niveau du ministère en charge des Finances, où les crédits n’auraient finalement pas été libérés avant le départ de la délégation congolaise pour Bruxelles.

Si cette version des faits venait à être confirmée, elle mettrait en lumière des dysfonctionnements administratifs aux conséquences particulièrement lourdes. Car au-delà de la perte du droit de vote, le Congo est désormais privé de l’assistance technique et des programmes de renforcement des capacités offerts par l’OMD, un accompagnement pourtant essentiel dans un contexte où les autorités affichent leur volonté de moderniser l’administration douanière et d’améliorer la mobilisation des recettes publiques.

Cet épisode intervient alors que les performances des régies financières sont régulièrement présentées comme un levier majeur de la politique économique nationale. Il contraste avec les ambitions affichées par les pouvoirs publics en matière de gouvernance et d’attractivité, donnant l’image d’une administration parfois rattrapée par des lenteurs bureaucratiques ou un manque de coordination entre les services concernés.

Au-delà du montant des cotisations impayées, c’est la crédibilité du Congo auprès de ses partenaires internationaux qui se trouve aujourd’hui mise à l’épreuve. Une situation qui rappelle qu’en matière de diplomatie multilatérale, le respect des engagements financiers ne relève pas d’un simple impératif comptable, mais constitue un élément essentiel de la crédibilité et de l’influence d’un État sur la scène internationale.

Par Diane MBOYO

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