Rudy Stephen Mpiere-Ngouamba Ambila et les natifs du district

Bouemba : un potentiel économique en pleine gestation dans les Plateaux

Développement local

Situé dans le département des Plateaux, à plus de 100 kilomètres de la capitale, le district de Bouemba commence à se positionner comme une zone à fort potentiel économique. Encore sous-exploité, ce territoire, riche en ressources naturelles et humaines, pourrait devenir un moteur de croissance pour toute la sous-région, notamment en raison de sa proximité avec la République démocratique du Congo (Rdc). 

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Créé par la loi n°39-2024 du 2 décembre 2024, Bouemba a été érigé au rang de district dans le cadre de la politique de décentralisation initiée par le Président Denis Sassou Nguesso. Cette réforme, mise en œuvre par le ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphirin Mboulou, vise à rapprocher l’administration des populations et à accélérer le développement local dans les régions stratégiques. 

D’après Rudy Stephen Mpiere-Ngouamba Ambila, directeur général des Petites et Moyennes Entreprises et natif du district, Bouemba « représente un pôle d’intérêt stratégique dans les Plateaux grâce à sa population dense et son marché transfrontalier en plein essor ». 

Un carrefour naturel pour le commerce transfrontalier

En bordure de la rive droite du fleuve Congo, Bouemba bénéficie d’un emplacement géographique stratégique. À quelques encablures de la RDC, ce district repose sur une population active répartie à travers plusieurs localités comme Bouemba, Akana, Obaba ou Engankoun. 

Le commerce fluvial y prend peu à peu de l’ampleur, bien qu’évoluant encore de manière informelle, principalement grâce aux femmes. Des produits tels que le manioc, le poisson, l’huile de palme et diverses denrées agricoles traversent quotidiennement le fleuve sur des pirogues et barges pour approvisionner notamment Kinshasa, où la demande est croissante. 

Le village de Matadi joue un rôle central dans ces échanges. Véritable carrefour économique local, il fluidifie les interactions entre riverains et opérateurs des deux côtés du fleuve, consolidant ainsi l’attractivité commerciale du district. 

Une richesse agricole et halieutique prometteuse

Nichée dans une région réputée pour ses terres fertiles et ses ressources hydriques abondantes, Bouemba dispose d’un potentiel agricole significatif. Sa production inclut une large gamme de denrées, allant du manioc à l’igname, en passant par le maïs, les arachides et les fruits tropicaux tels que les bananes, mangues et safous. 

La pêche artisanale occupe également une place prépondérante dans la vie locale, faisant du district un centre d’approvisionnement incontournable pour les commerçants attirés par ses produits halieutiques, malgré les problèmes d’accès. Comme le souligne Rudy Stephen Mpiere-Ngouamba, « Bouemba est particulièrement reconnu pour sa pêche qui reste un pivot économique malgré les nombreux défis logistiques ». 

Des obstacles majeurs restent à surmonter 

Malgré des atouts indéniables, Bouemba fait face à plusieurs défis structurels. L’enclavement routier constitue un obstacle majeur pour son développement. Les axes comme celui reliant Obaba à Akana manquent cruellement d’infrastructures adaptées, ralentissant les échanges commerciaux et économiques. 

Les secteurs de l’éducation et de la santé nécessitent également des investissements urgents. À Akana, les habitants expriment leur besoin de réhabilitations scolaires tandis que l’offre de soins reste largement insuffisante. Nombre d’habitants traversent même le fleuve vers la RDC pour accéder à des structures médicales adéquates.

En outre, l’absence d’infrastructures portuaires modernes freine le plein essor du commerce fluvial local. Les quais vétustes réduisent les bénéfices économiques du district et stimulent un marché informel difficilement contrôlable.

Une voie vers un futur prospère

Dans un contexte où le Congo cherche activement à diversifier son économie encore dépendante des hydrocarbures, Bouemba représente une opportunité précieuse. Promouvoir les petites entreprises locales, structurer les coopératives agricoles et renforcer les circuits formels de commercialisation pourraient permettre au district de s’imposer comme un véritable hub économique régional. 

Les autorités misent également sur le développement du village centralisé de Matadi pour organiser ces échanges commerciaux et favoriser l’entrepreneuriat local, en cohérence avec les priorités gouvernementales en faveur des PME.

Par Diane Mboyo

Crédit photos : Cellule de communication Bouemba

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