8 mars : Nsimba, une jeune congolaise qui s’impose dans le milieu scientifique
Portrait
Longtemps marqués par une sous-représentation féminine, les milieux scientifiques voient aujourd’hui émerger une nouvelle génération de jeunes femmes déterminées à s’y faire une place. À Pointe-Noire, Chrisda Nsimba incarne cette dynamique. À seulement 23 ans, la jeune géologue nourrit l’ambition de participer à la construction de grands immeubles et infrastructures modernes en République du Congo.
Lire aussi : https://labreveonline.com/8-mars-prevenir-les-violences-sexistes-aupres-des-jeunes-et-adultes/
Titulaire d’une licence en géologie, parcours géosciences appliquées, obtenue à la Faculté des sciences et techniques, Chrisda Nsimba a choisi d’orienter sa carrière vers les sciences de la terre, malgré les obstacles rencontrés au cours de son parcours académique.
Elle confie avoir envisagé de poursuivre ses études en master de génie civil après l’obtention de sa licence. Cependant, des difficultés financières l’ont contrainte à interrompre ce projet. Une situation qui n’a toutefois pas entamé sa détermination.
« Mon rêve est de contribuer à la construction de grands immeubles, des gratte-ciel et d’autres infrastructures dans mon pays, afin qu’un jour le Congo soit cité parmi les pays dotés de structures modernes et remarquables », explique-t-elle.
La jeune scientifique dit également vouloir relever le défi de la représentation nationale dans les grands projets de construction. Selon elle, de nombreuses entreprises et projets majeurs dans ce secteur sont encore majoritairement dirigés par des étrangers.
« Cela m’a donné le courage d’oser, pour qu’un jour l’on puisse dire qu’une congolaise a réalisé de grandes infrastructures dans ce pays », souligne-t-elle, justifiant ainsi son intérêt pour la géotechnique.
Après l’obtention de sa licence, Chrisda Nsimba a effectué un stage dans une entreprise de construction. Cette expérience lui a permis de participer à plusieurs projets d’envergure, notamment le chantier de la tour de la Société nationale des pétroles du Congo (Snpc) au centre-ville de Pointe-Noire, la construction d’une usine de la société pétrolière Wing-Wah à Banga-Kayo, ainsi que les travaux liés à la route nationale n°4 reliant Pointe-Noire à Tchamba-Nzassi, Madingou et Kayes.
À l’issue de ce stage, elle a été retenue au sein de l’entreprise où elle travaille aujourd’hui dans un laboratoire géotechnique en qualité d’ingénieur géologue.
Des modèles féminins inspirants
Le choix de Chrisda Nsimba pour les sciences trouve également son origine dans l’exemple de plusieurs femmes scientifiques qui ont marqué son parcours, à l’image de la professeure Francine Ntoumi, présidente de la Fondation congolaise pour la recherche médicale.
« J’ai été inspirée en voyant des femmes scientifiques intervenir à la télévision et défendre leur domaine avec assurance. Je me suis alors demandé pourquoi je ne pourrais pas suivre leur exemple, voire aller encore plus loin », raconte-t-elle.
C’est ainsi qu’elle a intégré un lycée scientifique, où elle s’est illustrée en terminant major de sa promotion. Après l’obtention du baccalauréat, elle a naturellement choisi d’étudier la géologie, un domaine qui correspond à sa passion pour la terre et les phénomènes qui y sont liés.
Encadré :
Ce portrait a été réalisé à l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, célébrée le 11 février de chaque année. Proclamée en 2015 par l’Organisation des Nations unies, cette journée vise à promouvoir l’accès et la participation équitable des femmes dans les domaines scientifiques.

