Les journalistes exhortés à assurer une couverture électorale inclusive
Plus d’une quarantaine de journalistes des médias publics et privés a été appelée, le 5 mars à Brazzaville, à œuvrer à une couverture électorale inclusive, relativement à la présidentielle 2026 en République du Congo, pour laquelle les campagnes ont été lancées récemment.
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Cette exhortation a été faite par Fonyuy Kiven, chargé des Programmes au Nations Unies Droits de l’homme – Bureau régional pour l’Afrique centrale, au cours de la session qu’il a animée sur le thème « Donner la parole à tous : une couverture électorale inclusive », à l’occasion de l’atelier de formation des professionnels des médias sur la couverture des processus électoraux selon une approche basée sur la promotion de la paix, des droits humains et du genre en période électorale, organisé du 4 au 6 mars à Brazzaville par les Nations Unies.
Soulignant que les journalistes ne sont pas seulement des observateurs du processus électoral, il a notifié que ces derniers sont des acteurs clés de l’inclusion et de la participation citoyenne, d’où la nécessité de donner la parole à tous.

De l’avis de Fonyuy Kiven une couverture non-inclusive a des retombées négatives, telle que l’invisibilité de certains groupes ou catégories de personnes. Ce type de couverture suscite des frustrations qui peuvent fragiliser la paix sociale. Parlant de la couverture inclusive, il a fait savoir que celle-ci a l’avantage de renforcer la démocratie, de rendre crédible le processus électoral et de permettre aux groupes sociaux d’être entendus et représentés, parmi lesquels ceux souvent sous-représentés, tels que les femmes, les jeunes, les populations rurales et les minorités ethniques.
Développement des thèmes
Au cours de cet atelier, treize sessions ou thèmes ont été développés, entre autres « Ethique et déontologie dans la couverture électorale », par le membre du Conseil supérieur de la liberté de communication (Cslc), Godefroy Yombi ; « Vérification de l’information et outils pratiques », par le chef de secteur communication et information au bureau régional de l’Unesco de l’Afrique centrale, Serge Banyimbe ; et « Synergies intermédias et production de contenus de qualité », par le haut-conseiller (Cslc) Benjamin Ngoma ;
Au cours de la session qu’il a animée, Godefroy Yombi a insisté sur les deux notions essentielles de son thème, ‘’Ethique’’ et ‘’Déontologie’’. Rappelant que le premier terme fait référence aux valeurs morales et que le second renvoie aux règles du métier, il a invité les journalistes à se conformer à ces deux notions pour faire preuve de professionnalisme.

Le journaliste doit se sécuriser lui même
Soulignant que le journaliste est le premier responsable de sa sécurité, Serge Banyimbe a contribué au renforcement des capacités des professionnels des médias, en ce qui concerne la vérification de l’information ainsi que les outils pratiques et adéquats. L’information étant un bien public destiné à éclairer l’opinion sur un fait, il a recommandé la pratique du Fact-checking, un processus de vérification des faits, pour garantir la véracité de toute denrée informationnelle.
Démarche journalistique structurée consistant à vérifier l’exactitude d’une information avant sa diffusion ou après sa circulation publique, a-t-il dit, le Fact-checking obéit à quatre étapes, la sélection du contenu à vérifier, la traçabilité de l’information, la vérification factuelle, la rédaction et la publication.

Le réseautage
Dans son exposé, Benjamin Ngoma a souligné la nécessité pour les médias de travailler en synergie. Evoquant les avantages de cette collaboration, il a dit que le partenariat entre les médias traditionnels (radios, télévisions presse écrite) et les acteurs numériques (plateformes sociales, créateurs de contenus, influenceurs) est stratégique, car il « permet d’informer vite sans sacrifier la véracité, d’atteindre des zones géographiques et sociales parfois délaissées. De même, il aide à renforcer la résilience des médias face à la désinformation, en ce sens que les rédactions et les plateformes numériques multiplient les points de contrôle, réduisant ainsi la probabilité de la propagation d’une fausse information sans correction.
Dans son mot de clôture dudit atelier, le Coordonnateur résident des Nations Unies au Congo, Abdourahamane Diallo, a exprimé son espoir quant à une couverture médiatique inclusive et apaisée des processus électoraux, au regard de la formation acquise par les professionnels des médias sur les notions de respect des droits humains, de l’exactitude de l’information, de l’équilibre dans le traitement de sujets et de l’inclusion de toutes les composantes de la société.



Ce mot de clôture a été lu par le représentant de l’Oms Congo, Dr Vincent Dossou Sodjinou.
Pour sa part, relativement aux processus électoraux, exhortant les professionnels des médias à la pratique responsable des connaissances acquises durant l’atelier, le président du Cslc, Médard Milandou Nsonga, s’est adressé aux participants dans ces termes : « Les divers thèmes abordés avec les brillants conférenciers, enrichis par des échanges constructifs, sont de véritables atouts qui feront de vous des journalistes aguerris ».
Soulignant le caractère pressant des défis dans le domaine de la communication, il s’est dit convaincu de la solidité du partenariat entre le Cslc et les organismes des Nations Unies, une façon de témoigner de la gratitude de son institution envers ces organisations partenaires.
Rédigé par Benjamin MANKEDI, Di
Crédit photos : La Brève Online

