Un colloque pour valoriser l’œuvre de Mgr Gassongo
Afrique/Culture
L’association Solidarité plurielle, en collaboration avec la Faculté des lettres, arts et sciences humaines (Flash) de l’université Marien N’Gouabi, organise du 21 au 23 janvier à Brazzaville, un colloque international sur l’œuvre du Monseigneur.
La rencontre de trois jours a pour objectif de célébrer un ‘‘grand homme spirituel et pionnier des œuvres sociales”.
Il aurait eu 114 ans cette année. Mgr Benoît Gassongo est toujours dans la mémoire des chrétiens catholique mais aussi des chercheurs scientifiques, l’artisan des œuvres sociales continue de vivre via ses actions.
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Des universitaires, professeurs, enseignants, évêques, prêtres et chercheurs chevronnés du Congo et d’ailleurs, sont en conclave depuis hier au Palais des congrès de Brazzaville, pour rendre hommage et commémorer l’illustre disparu.

“Ne dit-on pas que la mémoire est déterminante pour la vie d’un peuple. Un peuple sans mémoire ne peut entrer dans l’histoire ou écrire l’histoire. Il est donc sans avenir. Et pour les chrétiens, la mémoire a une dimension fortement eucharistique comme anamnèse”, a rappelé le diacre Thomas Mesmin Otsamingui, présent à la cérémonie d’ouverture.
Durant la rencontre, les participants vont témoigner des actes accomplis par Mgr Benoît Gassongo autour du thème, “Vie et œuvre de Monseigneur Benoît Gassongo”. Ils reviendront sur son engagement et débattront également des questions sociales et humaines, liées au développement du pays.
Parmi les thématiques figurent entre autres, la ‘‘contribution de Mgr Benoît Gassongo à la vie de l’église de 1965 à 1970”, ‘‘la vie sociale et missionnaire de Mgr Benoît Gassongo’’, ‘‘l’éducation à la santé par l’inculturation : le modèle intégrateur de Mgr Benoît Gassongo’’, ‘‘vie missionnaire de Mgr Benoît Gassongo entre Boundji et Sainte-Radegonde de Tsambitso ( 1946-1965)’’ et enfin, ‘‘ les fondements de la théologie africaine chez Benoît Gassongo’’.

Leçon inaugurale pour inspirer la nouvelle génération
Heureux le Pr Yvon Pierre Ndongo Ibara, lors de la leçon inaugurale a invité la nouvelle génération de chercheurs à s’inspirer du parcours de Gassongo. Il a aussi salué l’engagement des chercheurs. Selon lui, les grandes figures doivent être célébrées pour permettre à la nouvelle génération d’avoir des repères et de bons modèles.
Cette leçon inaugurale intitulée : « penser l’ancestralité et l’éthique chez les ambossi » se définit comme un lien intergénérationnel et intemporel fondé sur la mémoire collective, l’identité, la spiritualité et l’éthique d’un peuple.
Chez les Mbossi, cette pensée s’exprime, d’après Ndongo à travers le concept ndinga, signe d’un territoire protecteur, d’un ancêtre commun, et d’un code d’honneur comparable au « Bushido » japonais, signifiant ainsi que ndinga renvoie aux valeurs fondamentales de noblesse, de droiture, de loyauté, de dignité, de sincérité et de bienveillance, résumées dans le vocable « Otwéré ».
Toujours au cours de cette leçon, Ndongo Ibara a martelé sur la nécessité d’adopter un regard équilibré sur l’ancestralité, en reconnaissant ses dimensions positives comme négatives, sans la diaboliser ni la sacraliser excessivement.
Prenant la parole, le président du comité d’organisation du colloque, Mgr Brice Armand Ibombo, a indiqué que cette rencontre scientifique répond à un double objectif : un devoir de mémoire et un devoir de reconnaissance envers « un homme illustre qui a marqué une part importante de l’histoire religieuse et civile du Congo ».
Ouvrant les travaux du colloque, le ministre des Postes, des télécommunications et de l’économie numérique, Léon Juste Ibombo a renchéri que le tableau qui a été peint sur Mgr Benoît Gassongo “démontre combien il a été agréable et pertinent pour la pérennité et la survivance de nos mémoires collectives de revenir sur la vie de cette icone des premières heures de l’évangélisation de la scolarisation et de l’avènement de la République du Congo”.
‘‘Je salue, également, le sens élevé de l’État et de l’Histoire du Président du Sénat, le vénérable Pierre Ngolo, qui a porté ce projet auprès du chef de l’État, »Ngadouma Akondzi » (…) dont l’objectif principal est d’exhumer le passé afin d’honorer la mémoire de Monseigneur Benoit Gassongo, pour que son héritage et le dévouement à notre communauté soient éternels’’.
Né en 1912 à Mbandza, près de Boundji dans le département de Nkeni-Alima, Mgr Benoît Gassongo est décédé le 17 avril 1981 et inhumé dans l’enceinte de l’église Sainte-Marie de Ouenzé à Brazzaville.
Par Gigie PAMBOU
Crédit photo : La Brève Online

