Le Congo établit les principes de sa souveraineté technologique

Le Congo entend faire de l’intelligence artificielle (Ia) bien plus qu’un levier technologique.

A Brazzaville, lors du lancement du séminaire sur la politique et la régulation des technologies numériques, le 12 janvier 2026, l’Agence de régulation des postes et des communications électroniques (Arpce), a exposé une vision où l’Ia se mue en instrument de souveraineté, des crypto-actifs, de la blockchain et des technologies satellitaires adaptées aux réalités congolaises.

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S’exprimant lors de la cérémonie présidée par le ministre des Postes, des télécommunications et de l’économie numérique, Léon Juste Ibombo, le directeur général de l’Arpce, Louis Marc Sakala, a présenté cette initiative comme une réponse stratégique aux mutations rapides du paysage technologique mondial.

A ses yeux, la mise en place d’une régulation numérique intelligente adaptée  aux réalités du pays incarne une approche anticipatrice capable de projeter le Congo au haut standing du hub numérique, tout en signifiant que les transformations technologiques évoluent plus rapidement que la capacité des Etats.

La démarche de l’Ia  repose encore en état embryonnaire à l’échelle mondiale, reconnaissent les acteurs.

Mais l’appel de l’Arpce, celui d’adapter une ‘‘Ia made in Congo’’  consiste à garantir que les données stratégiques puissent demeurer sous contrôle congolais. Cette idée vise à réduire les dépendances extérieures et à offrir une alternative crédible au pays face à la domination des grandes firmes technologiques internationales.

L’Arpce y voit déjà les fondations d’un soft power numérique propre au Congo.

« L’avenir économique du Congo dépendra de sa capacité à bâtir une régulation numérique moderne et anticipatrice, condition essentielle pour attirer les investissements et garantir un développement inclusif et souverain », a indiqué Sakala.

Photo de famille

De son côté, le ministre Ibombo a laissé entendre que la transformation numérique en cours doit renforcer l’inclusion financière et la souveraineté de l’Etat.

Il a supputé que le mobile money, la finance numérique, la blockchain et les Fintech amènent des opportunités majeures de modernisation des services financiers, tout en posant des défis liés à la protection des données, à la lutte contre le blanchiment des capitaux et à la stabilité du système financier.

Le positionnement du Congo s’inscrit dans un contexte de partenariat avec le Centre africain de recherche en intelligence artificielle et le Programme des Nations-Unies pour le développement (Pnud), marqué par une industrialisation accélérée de l’intelligence artificielle.

Pendant cinq jours, les universitaires, les experts internationaux et les régulateurs vont concilier souveraineté, ouverture et solidarité, et à faire de l’Ia un outil de réduction des fractures numériques, plutôt qu’un facteur d’aggravation des inégalités.

Par Gigie PAMBOU

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