Climat et forêts : la société civile appelle à des réformes urgentes et durables
Les organisations de la société civile congolaise ont remis au premier plan la gestion durable des forêts le 30 mars à Brazzaville, un enjeu crucial pour le pays.
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Des acteurs engagés dans la défense des droits humains et de l’environnement ont pris part à un atelier destiné à renforcer la gouvernance forestière et climatique en République du Congo.
Initiée par Christian Mounzeo, président de la rencontre pour la paix et les droits de l’homme (Rpdh), en collaboration avec l’Observatoire congolais des Droits de l’Homme, cette démarche ambitionne de mener une analyse approfondie et sans concession sur l’état d’avancement des réformes dans le secteur forestier.
Les discussions ont rapidement mis en lumière un paradoxe : malgré un potentiel forestier considérable, évalué à 23,5 millions d’hectares couvrant près de 60 % du territoire national, la gestion des forêts demeure complexe et confrontée à de nombreux défis.

Selon Christian Mounzeo, ces ressources forestières représentent à la fois une richesse stratégique pour le pays et un outil essentiel dans la lutte contre les changements climatiques. Cependant, leur exploitation reste largement insuffisante, tant en termes de bénéfices pour les communautés locales qu’en matière d’encadrement.
Au fil des années, le Congo a fixé plusieurs objectifs ambitieux sur la scène internationale, notamment à travers des accords comme le partenariat volontaire avec l’Union européenne ou sa Contribution déterminée au niveau national (Cdn). Le pays participe également à des initiatives telles que la Central African Forest Initiative (Cafi) et l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie).

À cela s’ajoutent des réformes internes significatives, telle la promulgation du code forestier par la loi n°33-2020, et une volonté accrue de transparence dans les finances publiques.
Malgré ces efforts, les impacts concrets restent limités. Comme l’a souligné Mounzeo, la mise en œuvre effective des dispositions juridiques se heurte à des obstacles majeurs. Cela affecte non seulement l’économie nationale, mais aussi les moyens de subsistance des communautés locales et autochtones, qui continuent de faire face à des difficultés structurelles.

Cet atelier s’inscrit dans la deuxième phase du programme « Forêt, gouvernance, marchés et climat » et vise à encourager une coopération renforcée entre les pays producteurs et consommateurs.
Par ailleurs, il cherche à consolider le rôle de la société civile dans l’évaluation et le suivi des politiques publiques liées au secteur forestier. L’objectif principal consiste à identifier les barrières entravant l’application des réformes, évaluer les gains économiques liés à une gestion transparente et formuler des recommandations concrètes.
À court terme, les priorités pour 2026 incluent la promotion d’une collaboration efficace entre la société civile, les institutions publiques et les partenaires internationaux. L’objectif est de transformer la gouvernance forestière en un véritable levier du développement durable.
En conclusion de cet atelier, les organisateurs comptent élaborer une feuille de route stratégique structurant autour de mesures pragmatiques à mettre en œuvre. L’enjeu est d’une importance capitale puisque les forêts du Congo ne se contentent pas d’être un trésor écologique ; elles constituent également une ressource économique essentielle et une base vitale pour des milliers de communautés dispersées sur le territoire national.
Rédigé par Rino Chardin

