Décharge de Bongo Nouara : les nuisances olfactives inquiètent et perturbent les riverains
Les résidents du quartier Massengo, situé dans l’arrondissement 9 Djiri à Brazzaville, ont exprimé leur mécontentement face aux odeurs désagréables émanant de la décharge publique de Bongo Nouara.
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Ces émanations suscitent des inquiétudes quant à leurs impacts négatifs sur la santé publique. D’après une enquête réalisée par la direction départementale de l’Agence congolaise d’information (Aci) auprès des riverains et des agents municipaux de Djiri, ces odeurs proviennent de l’amoncellement des déchets non traités. Ceux-ci sont déposés sur le site par la société turque Albayrak Waste Management company, ainsi que par les opérateurs locaux de pré-collecte des ordures.
La décharge se situe à l’emplacement identifié sous le nom d’« arrêt de bus Bongo Nouara ». Jean-Paul Monguele, un menuisier travaillant à proximité, exprime son avis partagé : « Nous n’avons pas de problème avec le dépôt des ordures ici, car cela contribue à combler un énorme trou présent auparavant. Cependant, les odeurs qui s’échappent de la décharge atteignent même le quartier Jacques Opangault, nous rendant malades et provoquant des symptômes comme des rhumes ».
Une commerçante du quartier, souhaitant garder l’anonymat, dénonce également les effets néfastes de cette pollution olfactive. « C’est insupportable pour nous qui vivons à proximité. Ces odeurs s’infiltrent jusque dans nos maisons et provoquent toux, grippes et perte d’appétit. Nous espérons que l’État agira rapidement : soit en cessant d’utiliser ce lieu comme dépotoir, soit en trouvant une solution pour neutraliser ces odeurs avec des produits spécifiques », a-t-elle déclaré.

Interpellé sur la situation, le conseiller technique du maire de Djiri et administrateur des Services administratifs financiers (Saf), Octave Levy Ebata, explique que la décharge publique de Bongo Nouara agit comme un centre de transition. « Il s’agit d’un lieu provisoire où les déchets s’amoncellent avant d’être traités. Cet emplacement a été établi pour répondre temporairement au problème d’érosion qui menaçait de couper une route nationale.
Le site joue donc un double rôle : servir de centre de transit et permettre le remblayage de cette zone érosive », précise-t-il. Face aux nombreuses plaintes des résidents concernant les odeurs nauséabondes, Guy Rufin Adampot, administrateur-maire de l’arrondissement 9 Djiri, a entrepris des démarches auprès des autorités compétentes afin d’obtenir la fermeture du site. Le conseiller technique a également annoncé qu’un accord a été conclu avec la société Albayrak pour transférer cette décharge depuis Bongo Nouara vers Ebomapoko, une autre zone touchée par un phénomène d’érosion menaçant une route nationale importante.
Ce transfert devrait être effectif dès la semaine prochaine. Pour rappel, l’arrondissement 9 Djiri est fortement affecté par les érosions, comptant entre 300 et 400 sites de ce genre. Les efforts restent donc concentrés sur des solutions temporaires en attendant de mobiliser davantage de moyens adaptés.
Rédigées par Nora Goma et Sabruna Assanga Mouabia
Crédit photos : Nora et Sabruna

